RPA 2024 (Original Reference) RPA 2024 (Référence Originale)
Official Algerian Seismic Regulations (2024 Edition) Règlement Parasismique Algérien (Édition 2024)
- 3.1 Classification des zones sismiques
- 3.2 Classification des sites
- 3.3 Actions sismiques
- 3.4 Classification des bâtiments selon leur importance
- 3.5 Classification des systèmes de contreventement
- 3.6 Coefficient de comportement global de la structure
- 3.7 Classification des bâtiments selon leur configuration
- 3.8 Facteur de qualité
Ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville
وزارة السكن والعمران والمدينة
Le présent chapitre expose un ensemble de classifications nécessaires à la définition de la situation sismique étudiée et au choix de la méthode et des paramètres de calcul des forces sismiques.
3.1 Classification des zones sismiques
Le territoire national est divisé en sept (07) zones de sismicité croissante, définies sur la carte des zones de sismicité, cf. Figure (3.1) et Table (3.1), et l'Annexe A qui précise cette répartition wilaya et par commune, soit :
| Sismicité | Zone |
|---|---|
| Très faible | 0 |
| Faible | I |
| Faible à moyenne | II |
| Moyenne | III |
| Moyenne à élevée | IV |
| Elevée | V & VI |
Table 3.1: Zones sismiques
L'aléa est pris en compte par un seul paramètre, A : il s'agit de l'accélération maximale normalisée par rapport à l'accélération de la pesanteur, g, et nommée en coefficient d'accélération de référence de zone, au niveau d'un sol de classe S1 (au rocher). Pour l'objectif de non-effondrement, elle est représentée par sa valeur caractéristique, Ak, choisie comme le fractile 90% ayant la période de retour égale à Tr = 475 ans (cf. § 3.3).
Un coefficient d'importance, I, égal à 1.0 est associé à cette période de retour, Tr = 475 ans. Pour des périodes de retour autres que la période, Tr = 475 ans, l'accélération de calcul, au niveau d'un sol de classe S1, est égale à (A.I.g), où I est le coefficient d'importance dont les valeurs sont données aux Tableaux (3.11) & (I.1).
Classification sismique des wilayas d'Algérie
Figure 3.1: Zonage sismique de l'Algérie
(a) Toutes les zones sismiques 0 à VI | (b) Zoom sur les zones sismiques I à VI
3.2 Classification des sites
3.2.1 Catégories et critères de classification
Des études géotechniques appropriées doivent être réalisées (cf. Annexe B) en vue de classer le site.
Les sites sont classés en cinq (05) catégories en fonction des propriétés mécaniques des sols qui les constituent, cf. Tableau (3.2).
Les quatre (04) premières catégories, sont établies en se basant sur la moyenne des propriétés de sol sur une profondeur minimale de 30 mètres. L'autre catégorie, considérée comme exceptionnelle, concerne les sites nécessitant des investigations spécifiques (S5) (cf. § 3.2.2 & 3.2.3).
Catégorie S1 (site rocheux) :
Rocher ou autre formation géologique de ce type pouvant comporter une couche superficielle moins résistante (sable très dense, dense ou moyennement dense, de graviers, d'argile très rigide ou rigide) d'épaisseur inférieure à 5 m et caractérisée par une vitesse moyenne d'onde de cisaillement (Vs > 800 m/s).
Catégorie S2 (site ferme) :
Dépôts de sables et/ou de graviers très denses ou d'argile surconsolidée de plusieurs dizaines de mètres et caractérisés par une augmentation progressive des propriétés mécaniques avec la profondeur et des vitesses d'ondes de cisaillement (360 m/s < Vs30 ≤ 800 m/s).
Catégorie S3 (site meuble) :
Dépôts épais de sables et de graviers moyennement denses et/ou d'argile moyennement raide de plusieurs dizaines de mètres et caractérisés par des vitesses d'ondes de cisaillement 180 m/s < Vs30 ≤ 360 m/s.
Catégorie S4 (site très meuble) :
Dépôts épais de sables lâches ou dépôts d'argile molle à moyennement raide et caractérisée par des vitesses d'ondes de cisaillement (Vs30 < 180 m/s) ou tout autre profil contenant une couche d'argile molle de plus de 3 m d'épaisseur.
Catégorie S5 (site nécessitant des investigations approfondies et des études spécifiques) (cf. § 3.2.2 & 3.2.3).
Par ailleurs, il convient de classer le site selon la valeur moyenne de la vitesse des ondes de cisaillement sur les 30 mètres supérieurs (Vs30). Ce paramètre est le plus fiable pour la classification du site.
En cas d'indisponibilité de Vs, il convient d'utiliser les valeurs moyennes harmoniques d'autres résultats d'essais (pénétromètre statique, SPT, pressiomètre, etc), données dans le Tableau (3.2). Selon la disponibilité et la fiabilité des résultats de différents types d'essais, le site sera classé dans la catégorie la plus appropriée. En cas de doute, il convient de classer le site dans la catégorie voisine, immédiate, la plus défavorable.
(a) La valeur de la vitesse de l'onde de cisaillement du rocher doit être mesurée sur site ou estimée dans le cas d'un rocher peu altéré. Les roches tendres ou altérées peuvent être classées en catégorie S2 dans le cas où Vs n'est pas mesurée. Le site ne peut être classé dans la catégorie S1 s'il existe plus de 3 m de sol entre la surface du rocher et le niveau bas des fondations superficielles.
| Catégorie | Description | qc30 | N30 | Cu30 | Rc30 | Pl30 | Ep30 | Vs30 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| (MPa) | (coups) | (kPa) | (MPa) | (MPa) | (MPa) | (m/s) | ||
| (c) | (d) | (e) | (f) | (g) | (g) | (h) | ||
| S1 | Rocheux (a) | / | / | / | >10 | >5 | >100 | >800 |
| S2 | Ferme | >15 | >50 | >100 | 0.4-10 | 2-5 | 20-100 | 360-800 |
| S3 | Meuble | 1.5-15 | 15-50 | 50-100 | 0.1-0.4 | 1-2 | 5-20 | 180-360 |
| S4 | Très Meuble ou Présence de 3 m, au moins, d'argile molle (b) | < 1.5 | <15 | <50 | <0.1 | <1 | <5 | <180 |
| Ss | site nécessitant investigations approfondies et études spécifiques (cf. § 3.3.3) | / | / | / | / | / | / | / |
Table 3.2: Classification des sites
(b) L'argile molle est définie par un indice de plasticité Ip > 20, une teneur en eau naturelle Wn ≥ 40%, une résistance non drainée cu < 25 kPa et une vitesse d'onde de cisaillement Vs < 180 m/s.
Il convient de calculer les valeurs moyennes sur une profondeur totale de 30 m au moins, sauf dans le cas de rocher, conformément aux expressions suivantes:
(c) Pénétromètre statique :
(d) Essai SPT :
(e) Essai de résistance au cisaillement non drainé :
(f) Essai de résistance à la compression simple :
(g) Caractéristiques pressiométriques :
(h) Vitesse des ondes de cisaillement :
avec :
- hi : épaisseur de la couche i
- qci : résistance de pointe moyenne à travers la couche i
- Ni : nombre de coups moyen non corrigé enregistré à travers la couche i
- Cui : résistance au cisaillement non drainée de la couche i
- Rci : Résistance à la compression simple dans la couche i
- Epi : module pressiométrique moyen à travers la couche i
- Pli : pression limite moyenne à travers la couche i
- Vsi : vitesse de l'onde de cisaillement dans la couche i
3.2.2 Conditions de site : investigations approfondies et études spécifiques
Les conditions de site qui nécessitent des investigations approfondies sont les suivantes :
- présence de sols instables sous les actions sismiques tels que sols liquéfiables, sols faiblement cimentés, anciens remblais ;
- présence de sols vaseux ou d'argile avec une très forte teneur en matière organique sur une épaisseur de plus de 3 m ;
- présence d'argile très plastique (indice de plasticité Ip ≥ 75) sur une épaisseur de plus de 7.5 m ;
- présence sur une épaisseur de plus de 37 m d'une couche d'argile molle à moyennement raide (qc = 1.5 à 5 MPa, Pl = 0.5 à 2 MPa, Ep = 5 à 25 MPa, Cu ≤ 50 kPa, Rc = 0.1 à 0.4 MPa).
3.2.3 Etapes pour classer un site
Les étapes nécessaires pour classer un site consistent à :
- Vérifier les quatre conditions nécessitant des investigations approfondies. Si le site répond à l'une de ces conditions, il y a lieu de faire une étude spécifique du site pour la définition de l'action sismique. (Site Ss) ;
- Vérifier l'existence d'épaisseur totale d'argile molle supérieure à 3m. Si ce critère est satisfait, classer le site en S4 ;
- Classer le site en utilisant les valeurs moyennes harmoniques des Vs ou les résultats d'essais géotechniques (pénétromètre statique, SPT, Cu, pressiomètre, cisaillement non drainé et résistance à la compression simple) tels que définis dans le Tableau (3.2). Les classes de site sont fondamentalement définies en fonction de Vs,30 ou tout autre résultat d'essais géotechnique, de la surface du sol à une profondeur de 30 m du profil du site.
3.3 Actions sismiques
Le territoire national est divisé en sept (07) zones sismiques. Chaque zone est associée à un coefficient d'accélération moyen, servant de valeur de référence au niveau d'un sol de classe S1, pour une période de retour, Tr = 475 ans, appelé coefficient d'accélération de référence de zone, A (cf. Tableau (3.3)).
| Zone de sismicité | Niveau de sismicité | A |
|---|---|---|
| 0 | Très faible | - |
| I | Faible | 0.07 |
| II | Faible à moyenne | 0.10 |
| III | Moyenne | 0.15 |
| IV | Moyenne à élevée | 0.20 |
| V | Elevée | 0.25 |
| VI | Elevée | 0.30 |
Table 3.3: Définition des zones de sismicité et coefficient d'accélération de zone au rocher, A, pour Tr=475ans.
• Commentaire (1) : Dans le domaine d'application du présent DTR, le mouvement dû au séisme en un point donné de la surface du sol est représenté par un spectre de réponse élastique en accélération, dénommé par la suite «spectre de réponse élastique».
• Commentaire (2) : Les deux niveaux d'action sismique, décrits en § 1.2.1 et § 1.2.2, sont représentés par une seule forme de spectre de réponse élastique pour l'objectif de non-effondrement (état limite ultime — action sismique de calcul) et pour l'objectif de limitation des dommages.
• Commentaire (3) : L'action sismique horizontale est décrite par deux composantes orthogonales supposées indépendantes et représentées par le même spectre de réponse.
• Commentaire (4) : Lors du choix de la forme appropriée du spectre, il convient de tenir compte de la magnitude des séismes qui contribuent principalement à l'aléa sismique défini pour l'évaluation probabiliste de l'aléa.
• Commentaire (5) : Lorsque la classe de site est autre que rocheuse (S1), il convient de considérer le coefficient de site approprié.
• Commentaire (6) : Des représentations temporelles du mouvement sismique peuvent être utilisées.
• Commentaire (7) : La prise en compte de la variation du mouvement du sol dans l'espace ainsi que dans le temps peut être exigé pour certains types de structure.
• Commentaire (8) : Une amplification supplémentaire de l'accélération de zone doit être introduite, par le biais d'un coefficient d'amplification topographique (ST), pour les structures situées sur ou à proximité de pentes (cf. Annexe C). Cette amplification supplémentaire est à prendre en considération aussi dans les vérifications de la stabilité de terrains en pente.
3.3.1 Spectre de réponse élastique horizontal
Le spectre de réponse élastique normalisé par rapport à la valeur de l'accélération de la pesanteur (g), , pour les composantes horizontales de l'action sismique, est défini par Eqn. (3.8) (cf. Figure (3.2)).
Figure 3.2: Spectre de réponse élastique Sae
avec :
- : spectre de réponse élastique normalisé par rapport à la valeur de l'accélération de la pesanteur, g ;
- T : période de vibration d'un système linéaire à un seul degré de liberté ;
- A : coefficient d'accélération de calcul pour un sol de classe S1 pour la période de retour de non effondrement Tr=475 ans. (cf. Tableau (3.3)) ;
- T1 : limite inférieure des périodes correspondant au palier d'accélération spectrale constante ;
- T2 : limite supérieure des périodes correspondant au palier d'accélération spectrale constante ;
- T3 : valeur définissant le début de la branche à déplacement spectral constant ;
- I : coefficient d'importance ;
- S : coefficient de site ;
- η : facteur de correction de l'amortissement.
Les valeurs des périodes T1 et T2 et du coefficient de site, S, qui décrivent la forme du spectre de réponse élastique dépendent du niveau de sismicité et de la classe de sol.
Deux types de formes de spectres sont utilisés : le Type 1 et le Type 2. Si les séismes qui contribuent le plus à l'aléa sismique, défini pour le site dans le cadre de l'évaluation probabiliste de l'aléa, ont une magnitude moment, Mw, inférieure ou égale à 5.5, le type de spectre 2 est adopté. Si les séismes qui contribuent le plus, à l'aléa sismique défini pour le site dans le cadre de l'évaluation probabiliste de l'aléa, ont une magnitude moment (Mw ≥ 5.5) , le type de spectre 1 est adopté.
Le spectre, selon la zone sismique, est de :
- Type 1 : appliqué aux zones sismiques IV, V et VI ;
- Type 2 : appliqué aux zones sismiques I, II et III.
Pour les quatre classes de sol S1, S2, S3, et S4, les valeurs recommandées des paramètres S, T1, T2 et T3 sont données dans :
- le Tableau (3.4) pour le spectre de Type 1 ;
- le Tableau (3.5) pour le spectre de Type 2.
| Spectre Type 1 (Zones IV, V et VI) | S | T1 (s) | T2 (s) | T3 (s) |
|---|---|---|---|---|
| site S1 | 1.00 | 0.10 | 0.40 | 2.0 |
| site S2 | 1.20 | 0.10 | 0.50 | 2.0 |
| site S3 | 1.30 | 0.15 | 0.60 | 2.0 |
| site S4 | 1.35 | 0.15 | 0.70 | 2.0 |
Table 3.4: Valeurs des paramètres décrivant les spectres de réponse élastique de Type 1 (Zones sismiques IV, V et VI)
| Spectre Type 2 (Zones I, II et III) | S | T1 (s) | T2 (s) | T3 (s) |
|---|---|---|---|---|
| site S1 | 1.00 | 0.05 | 0.25 | 1.20 |
| site S2 | 1.30 | 0.05 | 0.30 | 1.20 |
| site S3 | 1.55 | 0.10 | 0.40 | 1.20 |
| site S4 | 1.80 | 0.10 | 0.50 | 1.20 |
Table 3.5: Valeurs des paramètres décrivant les spectres de réponse élastique de Type 2 (Zones sismiques I, II et III)
La Figure (3.3) montre les formes des spectres de Type 1 et de Type 2, pour , normalisés par A.
La valeur du facteur de correction d'amortissement visqueux, η, peut être déterminée par Eqn. (3.9):
où: ξ (%) est le pourcentage d'amortissement critique qui est fonction du matériau constitutif, du type de structure et de l'importance des remplissages (cf. Tableau (3.6)). Quand , on a .
La valeur du coefficient d'importance, I, dépend du groupe d'importance (cf. § 3.4, Tableaux (3.11) & (I.1)).
Type 1: Zones sismiques IV, V et VI
Type 2: Zones sismiques I, II et III
| Remplissage | Ossatures (*) | Voiles (**) | |
|---|---|---|---|
| Béton armé | Acier | Béton armé/maçonnerie | |
| Léger | 6 | 4 | 10 |
| Dense | 7 | 5 | 10 |
(*): Sans présence de voiles ou de noyaux en béton armé
(**): Valeurs valables même si les voiles sont associés à des portiques
Déplacement de calcul du sol
Le déplacement de calcul au niveau du sol, dg, correspondant à l'accélération de calcul (A.I.S) au niveau du sol est donné par Eqn. (3.10) :
où: g est l'accélération de la pesanteur (m/s2).
Spectre de réponse élastique en déplacement
Pour les structures ayant une période de vibration longue, l'action sismique peut être représentée sous la forme d'un spectre de réponse élastique en déplacement, SDe(T), comme montré dans la Figure (3.4).
Le spectre de réponse élastique en déplacement, SDe(T), doit être obtenu comme suit :
| Classe de sol | T4 (s) | T5 (s) |
|---|---|---|
| S1 | 6.0 | 10.0 |
| S2 | 6.0 | 10.0 |
| S3 | 6.0 | 10.0 |
| S4 | 6.0 | 10.0 |
Spectre Type 1 (zones sismiques IV, V et VI)
Spectre Type 2 (zones sismiques I, II et III)
Il convient de souligner que pour les périodes supérieures à 4 s, le spectre de réponse élastique en accélération peut être obtenu à partir du spectre de réponse élastique en déplacement à partir d'Eqns. (3.11) à (3.13).
3.3.2 Spectre de réponse élastique vertical
La composante verticale de l'action sismique doit être représentée par un spectre de réponse élastique, , donné par Eqn. (3.14) :
| Spectre Type 1 Zones sismiques IV, V et VI |
Av / A | T1 (s) | T2 (s) | T3 (s) | α |
|---|---|---|---|---|---|
| site S1 | 0.90 | 0.05 | 0.20 | 1.0 | 0.6 |
| site S2 | 0.90 | 0.05 | 0.30 | 1.0 | 0.6 |
| site S3 | 0.90 | 0.05 | 0.40 | 1.0 | 0.6 |
| site S4 | 0.90 | 0.05 | 0.50 | 1.0 | 0.6 |
| Spectre Type 2 Zones sismiques I, II et III |
Av / A | T1 (s) | T2 (s) | T3 (s) | α |
|---|---|---|---|---|---|
| site S1 | 0.55 | 0.05 | 0.15 | 1.0 | 0.8 |
| site S2 | 0.55 | 0.05 | 0.20 | 1.0 | 0.8 |
| site S3 | 0.55 | 0.05 | 0.25 | 1.0 | 0.8 |
| site S4 | 0.55 | 0.05 | 0.30 | 1.0 | 0.8 |
Vertical Type 1 (zones sismiques IV, V et VI)
Vertical Type 2 (zones sismiques I, II et III)
Comme pour les spectres qui définissent les composantes horizontales de l'action sismique, si les séismes qui contribuent le plus, à l'aléa sismique défini pour le site dans le cadre de l'évaluation...
probabiliste de l'aléa, ont une magnitude moment (Mw ≤ 5.5), le type de spectre 2 est adopté. Les valeurs devant être attribuées à T1, T2, T3, α et (Av/A), pour chaque classe de sol et type (forme) de spectre, sont données dans les Tableaux (3.8) et (3.9). La Figure (3.6) montre les formes des spectres de Type 1 et de Type 2, pour les sols de classes S1 à S4 pour ξ = 5%, normalisés par (Av).
3.3.3 Spectre de calcul
Pour éviter une analyse de structure non linéaire explicite lors des calculs, la capacité d'une structure à dissiper l'énergie induite par le séisme, essentiellement par son comportement ductile, est prise en compte en effectuant une analyse élastique basée sur un spectre de réponse réduit par rapport à celui élastique, appelé spectre de calcul. Cette réduction est réalisée par l'introduction d'un facteur de réduction des forces élastiques, dénommé coefficient de comportement de la structure, R, ainsi que d'un facteur de pondération dénommé facteur de qualité, QF.
L'action sismique horizontale est représentée par le spectre de calcul suivant :
Nota: Ces valeurs du spectre de calcul ne doivent, en aucun cas, être inférieures à (0.2A.I).
Pour la composante verticale de l'action sismique, le spectre de calcul est donné par Eqn. (3.16), avec l'accélération de calcul du sol dans la direction verticale, Av, S étant pris égal à 1.0, R étant pris égal à 1.5 pour tout système de contreventement, QF étant pris égal à 1.0, et les autres paramètres tels que définis en § 3.3.2.
Nota: Ces valeurs du spectre de calcul ne doivent, en aucun cas, être inférieures à (0.2Av.I).
3.3.4 Représentation temporelle de l'action sismique
Le mouvement sismique peut également être représenté par une accélération du sol fonction du temps ou par des grandeurs associées (vitesse et/ou déplacement).
Lorsqu'un modèle spatial de la structure est exigé, le mouvement sismique doit consister en trois accélérogrammes agissant dans les 03 directions (E-O, N-S et Ver) simultanément. Le même accélérogramme ne peut pas être utilisé simultanément pour les deux directions horizontales orthogonales. En fonction de la nature de l'application et des informations disponibles, la description du mouvement sismique peut être fondée sur l'utilisation d'accélérogrammes artificiels ou d'accélérogrammes enregistrés ou simulés.
Accélérogrammes artificiels
La série d'accélérogrammes artificiels doit être établie de manière à correspondre aux spectres de réponse élastique cibles donnés en § 3.3.1 pour ξ = 5 %.
La durée des accélérogrammes doit être compatible avec la magnitude et la classe de site servant à la définition de A (cf. Tableau (3.10)).
La suite d'accélérogrammes artificiels doit respecter les règles suivantes, i.e. :
utiliser un minimum de sept (07) accélérogrammes: la réponse moyenne doit être prise en compte pour estimer les effets de l'action sismique ;
la moyenne des valeurs de l'accélération spectrale à période nulle (calculée à partir des accélérogrammes) ne doit pas être inférieure à la valeur de (A.I.S), pour le site en question ;
dans le domaine des périodes comprises entre (0.2T0) et (2T0), où T0 est la période fondamentale de la structure dans la direction suivant laquelle l'accélérogramme va être appliqué, il convient qu'aucune valeur du spectre de réponse élastique moyen avec ξ = 5%, calculé à partir de tous les accélérogrammes, ne soit inférieure à 90 % de la valeur correspondante du spectre de réponse élastique cible avec ξ = 5% ;
dans le même intervalle de périodes, il convient qu'aucune valeur, du spectre de réponse élastique avec ξ = 5% calculé pour chaque accélérogramme, ne soit inférieure à 50 % de la valeur correspondante du spectre de réponse élastique cible avec ξ = 5%.
Accélérogrammes enregistrés
Les accélérogrammes enregistrés, disponibles à partir de bases de données qualifiées sur les mouvements forts, devraient être la représentation privilégiée de l'action sismique pour les analyses dans le domaine temporel.
Des accélérogrammes enregistrés ou des accélérogrammes élaborés à partir d'une simulation physique des mécanismes à la source et de propagation des ondes, peuvent être utilisés à condition qu'ils tiennent compte, du mieux possible, de l'environnement tectonique régional, de la magnitude du séisme, de la distance source-site ainsi que des conditions du sol du site. Les exigences citées en (cf. § 3.3.4) doivent être observées.
Les accélérogrammes enregistrés doivent être calés à la valeur (A.I.S) pour le site considéré. Le facteur d'échelle ne doit être ni supérieur à 2, ni inférieur à 0.5.
Si les trois (03) composantes du mouvement sismique sont nécessaires: par exemple, dans le cas d'un modèle structurel 3D, les deux composantes horizontales et la composante verticale doivent être du même enregistrement.
Modèle spatial de l'action sismique
Pour les structures ayant des caractéristiques particulières telles qu'il n'est pas raisonnable d'admettre l'hypothèse d'une excitation identique à tous les points d'appui, des modèles spatiaux de l'action sismique doivent être utilisés.
Ces modèles spatiaux doivent être en concordance avec les spectres de réponse élastique utilisés pour la définition de base de l'action sismique conformément à § 3.3.1 et 3.3.3.
Magnitude et durée des accélérogrammes
Pour les besoins de la simulation des accélérogrammes artificiels, de sélection des accélérogrammes enregistrés, et la vérification du potentiel de liquéfaction, le Tableau (3.10) donne, à titre indicatif, les valeurs de la magnitude (Mw) et de la durée de la phase forte (Ts) estimées en champ proche, pour les sept (07) zones de sismicité et les 04 classes de site.
La phase forte, Ts, est définie comme la phase stationnaire du signal sismique. Le début et la fin de cette phase correspondent à 5% et 95% de l'énergie du signal, respectivement.
Des études spécifiques peuvent être réalisées pour les situations où la sismicité est contrôlée par des séismes importants et lointains.
| Zone de sismicité | Niveau de sismicité | A | Mw | Ts (sec) | |||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| S1 | S2 | S3 | S4 | ||||
| 0 | Très faible | - | - | - | - | - | - |
| I | Faible | 0.07 | 4.5 | 2.5 | 3.0 | 4.0 | 5.0 |
| II | Faible à moyenne | 0.10 | 5.0 | 3.5 | 4.0 | 5.0 | 6.0 |
| III | Moyenne | 0.15 | 5.5 | 4.5 | 5.0 | 6.5 | 8.0 |
| IV | Moyenne à élevée | 0.20 | 6.0 | 6.0 | 6.5 | 8.5 | 11.0 |
| V | Elevée | 0.25 | 6.3 | 7.0 | 8.0 | 10.5 | 13.0 |
| VI | Elevée | 0.30 | 6.5 | 8.5 | 9.5 | 12.0 | 15.0 |
3.4 Classification des bâtiments selon leur importance
Le niveau minimal de protection sismique accordé à un bâtiment dépend de sa destination et de son importance vis à vis des objectifs de protection fixés par la collectivité. Ainsi, les bâtiments sont classés en 4 groupes d'importance.
Les groupes d'importance sont caractérisés par différents coefficients d'importance, I, décrits aux § 1.2 et § 3.1 et donnés par Eqn. (1.2).
A ce titre, pour un bâtiment d'usage courant d'importance moyenne, le coefficient d'importance, I=1.0, est associé à l'action sismique ayant une période de retour de référence comme indiqué au § 1.2.1.
Pour un bâtiment de plus grande importance (bâtiment accueillant beaucoup d'usagers, bâtiments stratégiques, etc), une plus grande protection ou sécurité est assurée par un coefficient d'importance supérieur à un (1), appliqué à la sollicitation d'un bâtiment courant, ce qui équivaut à augmenter la période de retour de l'événement sismique de calcul de ces bâtiments.
Les listes des groupes, décrites ci-après, sont nécessairement incomplètes mais elles permettent d'illustrer cette classification qui vise à protéger les personnes ainsi que les biens économiques et culturels de la communauté.
Cette classification préconise des seuils minima de protection qu'un maître d'ouvrage peut modifier uniquement en surclassant le bâtiment pour une protection accrue, compte tenu de la nature et de la destination de l'ouvrage vis-à-vis des objectifs visés.
Tout bâtiment qui relève du domaine d'application du présent DTR doit être classé dans l'un des quatre (04) groupes définis ci-après :
Les valeurs du coefficient d'importance, I, pour les groupes d'importance 1A, 1B, 2 et 3 sont données dans le Tableau (3.11), (cf. Eqn. (1.2) & Tableau (I.1)).
| Coefficient d'importance, I | Groupe d'importance | |||
|---|---|---|---|---|
| 1A | 1B | 2 | 3 | |
| I | 1.40 | 1.20 | 1 | 0.80 |
3.5 Classification des systèmes de contreventement
L'objet de la classification des systèmes de contreventement se traduit, dans les règles et méthodes de calcul, par l'attribution pour chacune des catégories de cette classification, d'une valeur numérique du coefficient de comportement, R (cf. Tableau (3.18)).
La classification des systèmes de contreventement est faite en tenant compte de leur capacité de dissipation de l'énergie vis-à-vis de l'action sismique. Le coefficient de comportement correspondant est fixé en fonction de la nature des matériaux constitutifs, du type de construction, des possibilités de redistribution d'efforts dans la structure et des capacités de déformation des éléments dans le domaine post-élastique.
Les systèmes de contreventement retenus dans le présent DTR sont classés selon les catégories suivantes :
A) Structures en béton armé
Le contreventement des bâtiments en béton armé est assuré en général par des ossatures «poteaux-poutres», des voiles, ou les deux, dans des proportions variables. Avec des liaisons horizontales rigides, les forces latérales (efforts tranchants) sont distribuées à ces éléments structuraux en proportion de leurs rigidités relatives à chaque niveau. Dans les définitions suivantes, les pourcentages de résistance à l'effort tranchant peuvent être remplacés par les pourcentages d'effort tranchant sollicitant dans la situation sismique de calcul.
1. Système à ossature
Système de structure dans lequel la résistance aux charges verticales et aux charges latérales est assurée principalement par des ossatures spatiales et dont la résistance à l'effort tranchant à la base du bâtiment dépasse 65 % de la résistance à l'effort tranchant du système structural dans son ensemble.
Pour cette catégorie, les éléments de remplissage ne doivent pas gêner les déformations des portiques (cloisons désolidarisées ou cloisons légères dont les liaisons ne gênent pas le déplacement des portiques).
Le Tableau (3.12) précise le nombre maximal d'étages ainsi que la hauteur maximale, pour ce genre de système.
| Zone sismique | I et II | III | IV | V et VI |
|---|---|---|---|---|
| Nombre maximal de niveaux | 5 | 4 | 3 | 3 |
| Hauteur maximale (m) | 17 | 14 | 11 | 11 |
2. Système à contreventement mixte, équivalent à une ossature
Système de structure mixte dans lequel le transfert des charges verticales et horizontales est assuré, conjointement, par l'ossature spatiale et les voiles. La résistance à l'effort tranchant de l'ossature, à la base du bâtiment, est comprise entre 50% et 65% de la résistance à l'effort tranchant du système structural dans son ensemble.
Pour cette catégorie, les éléments de remplissage ne doivent pas gêner les déformations des portiques (cloisons désolidarisées, ou cloisons légères dont les liaisons ne gênent pas le déplacement des portiques).
Le Tableau (3.13) précise le nombre maximal d'étages ainsi que la hauteur maximale, pour ce genre de système.
| Zone sismique | I et II | III | IV | V et VI |
|---|---|---|---|---|
| Nombre maximal de niveaux | 7 | 6 | 5 | 5 |
| Hauteur maximale (m) | 23 | 20 | 17 | 17 |
3. Système à ossature ou système mixte équivalent à ossature, avec remplissage en maçonnerie rigide
Système à ossature ou système mixte équivalent à ossature, avec remplissage en maçonnerie rigide non structural et interagissant avec la structure.
Commentaire : Les éléments de remplissage de la structure sont constitués par des murs en maçonnerie, de petits éléments insérés dans le cadre poteaux-poutres dont l'épaisseur (hors crépissage) ne dépasse pas 10 cm, exception faite pour les remplissages périphériques ou les séparations entre deux (2) logements ou deux (2) locaux d'un même niveau où une deuxième paroi de 5 cm, du côté intérieur, est tolérée. Cette dernière peut éventuellement avoir une épaisseur de 10 cm à condition qu'elle ne soit pas insérée dans les cadres pour ne pas aggraver les phénomènes d'interaction. Ils devraient être disposés en plan aussi symétriquement que possible par rapport au centre de masse de chaque étage de façon à ne pas aggraver une dissymétrie éventuelle du système de contreventement en béton armé de l'étage.
Le Tableau (3.14) précise le nombre maximal d'étages ainsi que la hauteur maximale, pour ce genre de système.
| Zone sismique | I et II | III | IV | V et VI |
|---|---|---|---|---|
| Nombre maximal de niveaux | 5 | 4 | 3 | 2 |
| Hauteur maximale (m) | 17 | 14 | 11 | 8 |
4. Système à contreventement mixte, équivalent à des voiles
Système de structure mixte dans lequel le transfert des charges verticales et horizontales est assuré, conjointement, par l'ossature spatiale et les voiles. La résistance à l'effort tranchant des voiles, à la base du bâtiment, est comprise entre 50% et 65% de la résistance à l'effort tranchant du système structural dans son ensemble.
Pour ce système de contreventement, il n'y a pas de limitation, en hauteur, des bâtiments.
5. Système de contreventement constitué par des voiles
Système de structure dans lequel la résistance aux charges verticales ainsi qu'aux charges latérales est assurée, principalement, par des voiles structuraux verticaux et dont la résistance à l'effort tranchant, à la base du bâtiment, dépasse 65 % de la résistance à l'effort tranchant du système structural dans son ensemble.
Pour ce système de contreventement, il n'y a pas de limitation, en hauteur, des bâtiments.
6. Système à ossature à noyau ou à effet noyau
Système à contreventement mixte ou système de voiles, dont la rigidité à la torsion n'atteint pas une valeur seuil minimale et dont les rayons de torsion, rx et ry, sont inférieurs au rayon de giration, ls, du plancher, cf. Figure (3.7):
Commentaire (1): Les systèmes de contreventement (1) à (5), qui ne présentent pas une rigidité à la torsion minimale définie par Eqn. (3.17), dans les deux directions horizontales orthogonales, sont classés comme système à noyau ou à effet noyau.
Commentaire (2) : L'exemple d'un tel système est une structure composée d'ossatures flexibles combinées avec des voiles, concentrés en plan, à proximité du centre du bâtiment.
Raideur de translation :
Raideur de torsion
Rayons de torsion, rx et ry : racines carrées de la rigidité à la torsion, i.e.
G : Centre de gravité des masses mj du/ou associées au plancher
T : Centre de torsion
Moment d'inertie polaire:
Le même type de relation est à considérer dans le sens x (en intervertissant x et y).
Commentaire (3) : Cette définition ne couvre pas les systèmes comportant plusieurs voiles très perforés constituant des gaines verticales contenant diverses distributions. Pour de tels systèmes, il convient de choisir au cas par cas la définition de configuration la plus appropriée.
Commentaire (4) : Pour les systèmes à ossature ou de voiles dont les éléments verticaux sont bien distribués en plan, l'exigence de la rigidité de torsion spécifiée dans le présent paragraphe peut être considérée, sans nécessité de vérification analytique, comme satisfaite.
Pour ce système de contreventement, il n'y a pas de limitation, en hauteur, des bâtiments.
7. Système fonctionnant en console verticale à masses réparties prédominantes
C'est le cas, par exemple, d'un réservoir cylindrique, d'un silo et d'une cheminée de forme cylindrique et autres.
8. Système en pendule inversé
Système dans lequel 50 %, ou plus, de sa masse est située dans le tiers supérieur de la hauteur de la structure ou dans lequel l'essentiel de la dissipation de l'énergie a lieu à la base d'un élément unique de l'ouvrage.
Commentaire (1) : Les ossatures ayant un seul niveau, avec les têtes de poteaux liées dans les deux directions principales du bâtiment et dont la valeur de l'effort normal réduit dans les poteaux, v, ne dépasse, en aucun point, la valeur 0.3, n'appartiennent pas à cette catégorie.
Commentaire (2) : Cette définition ne couvre pas les systèmes comportant plusieurs voiles très...
perforés constituant des gaines verticales contenant diverses distributions. Pour de tels systèmes, il convient de choisir, au cas par cas, la définition de configuration la plus appropriée.
9. Système de voiles de grandes dimensions en béton peu armé
On entend par, voile de grandes dimensions transversales, les voiles qui répondent aux conditions de dimensionnement ci-dessous, grâce auxquelles, ils sont supposés développer une fissuration limitée et un comportement non élastique dans la situation sismique de calcul, cf. Eqn. (3.23) :
Commentaire (1) : Un tel voile est supposé transformer l'énergie sismique en énergie potentielle (par soulèvement temporaire des masses de la structure) et en énergie dissipée dans le sol par rotation de corps rigide, etc. En raison de ses dimensions, du manque de fixité (rigidité de la liaison) à la base ou de la connectivité avec des voiles de grandes dimensions transversaux empêchant les rotules plastiques à la base, il ne peut être dimensionné efficacement pour dissiper de l'énergie dans une rotule plastique à la base :
Commentaire (2) : Ce système est prohibé en zones sismiques IV, V et VI.
B) Structures en acier
10. Ossatures en portiques sans remplissage ou avec remplissage isolé
Ce sont des ossatures composées de portiques à haute ductilité. Elles résistent aux forces horizontales essentiellement par flexion. Les zones dissipatives sont situées principalement dans des rotules plastiques près des nœuds poutre-poteau.
Pour ce système de contreventement, il n'y a pas de limitation, en hauteur, des bâtiments.
11. Ossatures en portiques avec remplissage en maçonnerie rigide
Ce sont des ossatures composées de portiques à moyenne ductilité par le fait de la présence d'une maçonnerie rigide. Les zones dissipatives sont situées principalement dans des rotules plastiques près des nœuds poutre-poteau.
La hauteur des bâtiments utilisant ce type d'ossatures doit être limitée à 5 niveaux ou 17 m.
12. Ossatures avec palées de contreventement à barres centrées
Dans ces ossatures, la résistance aux forces horizontales est assurée principalement par des éléments soumis à des efforts normaux. Les zones dissipatives sont situées principalement dans les diagonales tendues.
Ces ossatures sont classées dans les deux catégories suivantes :
(12a) : Palées de contreventement à barres centrées en X, dans lesquelles la résistance aux forces horizontales est assurée uniquement par les diagonales tendues, les diagonales comprimées étant négligées ;
(12b) : Palées de contreventement à barres centrées en V, dans lesquelles la résistance aux forces horizontales ne peut être assurée que par la participation conjointe des diagonales tendues et comprimées ; le point d'intersection de ces diagonales est situé sur une membrure horizontale qui doit être continue.
Les palées de contreventement à barres centrées en K ne sont pas autorisées, sauf justifications spécifiques probantes.
La hauteur des bâtiments utilisant des ossatures avec palées de contreventement à barres centrées doit être limitée à 10 niveaux ou 32 m.
13. Ossatures en portiques avec palées de contreventement à barres centrées
Dans ces ossatures, la résistance aux forces horizontales est assurée, d'une part, par des portiques et, d'autre part, par des palées de contreventements, agissant dans le même plan.
Pour ce système de contreventement, il n'y a pas de limitation, en hauteur, des bâtiments.
Ces ossatures sont classées dans les deux catégories suivantes :
(13a) : Palées de contreventement à barres centrées en X, dans lesquelles la résistance aux forces horizontales est assurée uniquement par les diagonales tendues, les diagonales comprimées étant négligées ;
(13b) : Palées de contreventement à barres centrées en V, dans lesquelles la résistance aux forces horizontales ne peut être assurée que par la participation conjointe des diagonales tendues et comprimées ; le point d'intersection de ces diagonales est situé sur une membrure horizontale qui doit être continue.
Les palées de contreventement à barres centrées en K ne sont pas autorisées, sauf justifications spécifiques probantes.
14. Système en pendule inversé
Cette catégorie de système structural de faible degré d'hyperstaticité concerne essentiellement des portiques classiques, à un seul niveau avec une traverse rigide, et des structures élancées de type "tube", où les éléments résistants sont essentiellement des poteaux situés en périphérie de la structure.
Ces structures particulières se traduisent par un comportement dissipatif localisé uniquement aux extrémités des poteaux.
C) Structures associant les profilés formés à froid (PAF)
15. Système de contreventement en panneaux en PAF
Il s'agit d'un système de contreventement constitué de panneaux avec plaques en tôles d'acier capables de reprendre la totalité des forces latérales.
Le Tableau (3.15) précise le nombre maximal d'étages ainsi que la hauteur maximale, pour ce genre de système.
16. Système de contreventement en PAF en diagonales tendues
La stabilité et la résistance latérale sont assurées par un système en diagonales travaillant en traction uniquement.
| Zone sismique | I et II | III | IV | V et VI |
|---|---|---|---|---|
| Nombre maximal de niveaux | 5 | 5 | 4 | 3 |
| Hauteur maximale (m) | 17 | 17 | 14 | 11 |
Le Tableau (3.16) précise le nombre maximal d'étages ainsi que la hauteur maximale, pour ce genre de système.
| Zone sismique | I et II | III | IV | V et VI |
|---|---|---|---|---|
| Nombre maximal de niveaux | 3 | 3 | 2 | 2 |
| Hauteur maximale (m) | 11 | 11 | 8 | 8 |
D) Structures en maçonnerie
Les constructions en maçonnerie porteuse ordinaire sont interdites en zone sismique ; seule la maçonnerie porteuse chaînée y est permise.
17. Structures en maçonnerie porteuse chaînée
Ce système concerne des structures porteuses réalisées en maçonnerie de moellons ou petits éléments manufacturés et comportant des chaînages en béton armé, mis en œuvre après exécution de la maçonnerie. Ces structures résistent, en même temps, aux charges verticales et horizontales.
Le Tableau (3.17) précise le nombre maximal d'étages ainsi que la hauteur maximale, pour ce genre de système.
| Zone sismique | I et II | III | IV | V et VI |
|---|---|---|---|---|
| Nombre maximal de niveaux | 5 | 4 | 3 | 2 |
| Hauteur maximale (m) | 17 | 14 | 11 | 8 |
E) Structures en bois
En zone sismique, les constructions en bois comportant les systèmes 18, 19, 20 et 21, décrits ci-après, sont limitées à 2 niveaux ou 8m de hauteur.
18. Consoles ; poutres à joints cantilevers
Les porte-à-faux et les poutres à joints cantilevers sont des structures non dissipatives.
19. Poutres, Arcs à deux ou trois articulations, Treillis assemblés par connecteurs à dents
Ces structures ont une capacité réduite à dissiper l'énergie. Les arcs produisent des poussées latérales importantes, plus particulièrement les arcs à trois articulations. Ces poussées, qui se combinent avec les forces sismiques, sont délicates à équilibrer. Il convient alors que les culées des arcs soient reliées directement par des longrines ou par une ceinture périphérique. Un dallage, armé en conséquence, peut également jouer le rôle de tirant.
Les arcs portés par des éléments verticaux (poteaux ou murs) ne sont pas conseillés en zone sismique. Les arcs à deux articulations sont hyperstatiques et possèdent une certaine ductilité.
grâce au bras de levier qui sépare l'axe des articulations des boulons fixant le pied de l'arc. Des déformations inélastiques y sont possibles.
20. Murs en ossature et diaphragmes collés assemblés entre eux par clous ou boulons, Treillis avec assemblage broché et boulonné, Ossatures avec remplissage non porteur
Ce sont des panneaux de murs qui forment l'ossature, assemblés entres eux par des clous et des boulons, avec des diaphragmes collés. Il peut aussi s'agir de portiques en treillis dont les assemblages poteaux-poutres sont réalisés au moyen d'une couronne de broches et de boulons.
21. Portique hyperstatique avec assemblages boulonnés ou brochés, Treillis avec assemblages cloués
F) Autres structures
22. Structure à ossature métallique avec contreventement par diaphragme
Ces structures résistent, vis à vis de l'action sismique, par l'effet de diaphragme des parois verticales (murs) et horizontales (planchers). Le niveau de comportement dissipatif de ces structures est fonction de la capacité de résistance ductile au cisaillement des parois, celles-ci pouvant être élaborées à partir de techniques et de matériaux très divers (tôle nervurée formée à froid, parois en béton ou béton armé, etc.). Les parois doivent être fixées au cadre de l'ossature métallique de manière à pouvoir considérer la liaison comme rigide.
23. Structure à ossature métallique avec contreventement par noyau ou à effet noyau en béton armé
Même définition que pour système 6.
24. Structure à ossature métallique avec contreventement par voiles en béton armé
Même définition que pour les systèmes 4 & 5.
25. Structure à ossature métallique avec contreventement mixte composé d'un noyau en béton armé et de palées métalliques en périphérie
26. Structure à ossature métallique avec contreventement mixte composé d'un noyau en béton armé et de portiques métalliques en périphérie
3.6 Coefficient de comportement global de la structure
Sa valeur unique est donnée par le Tableau (3.18) en fonction du système de contreventement.
Pour la conception du contreventement, une seule valeur du coefficient de comportement, R, doit être utilisée pour chaque direction principale.
La valeur de R, pour les différents systèmes structuraux, tient compte de leur capacité de dissipation de l'énergie, vis-à-vis de l'action sismique, et est fixée en fonction de la nature des matériaux constitutifs, du type de construction, des possibilités de redistribution d'efforts dans la structure et des capacités de déformation des éléments dans le domaine post-élastique.
Ce coefficient de comportement, R, est corrigé par le facteur de qualité, QF (cf. Eqn. (3.26) et Tableau (3.19)), qui permet de tenir compte du degré de régularité et de redondance du système de contreventement dans la phase de calcul de dimensionnement, qui suppose par ailleurs que les règles de qualité et d'exécution, propres à chaque matériau, et système ainsi que les dispositions constructives, des Chapitres VII à IX ainsi que des annexes E et F, sont strictement respectées.
| Cat | Description du système de contreventement | Valeur de R |
|---|---|---|
| A) Structures en béton armé | ||
| 1 | Système à ossature | 5.5 (a) |
| 2 | Système à contreventement mixte, équivalent à une ossature | 5.5 (a) |
| 3 | Système à ossature ou mixte équivalent à ossature avec remplissage en maçonnerie rigide | 3.5 (a) |
| 4 | Système à contreventement mixte, équivalent à des voiles | 4.5 (b) |
| 5 | Système de contreventement constitué par des voiles | 4.5 (b) |
| 6 | Système à ossature à noyau ou à effet noyau | 3 (b) |
| 7 | Système fonctionnant en console verticale à masses réparties prédominantes | 3 (b) |
| 8 | Système en pendule inversé | 2 (c) |
| 9 | Système de voiles de grandes dimensions en béton peu armé | 1.5 (c) |
| B) Structures en acier | ||
| 10 | Ossatures en portiques sans remplissage ou avec remplissage isolé | 6.5 (a) |
| 11 | Ossature en portiques avec remplissage en maçonnerie rigide | 3 (a) |
| 12 | Ossature avec palées de contreventement à barres centrées | |
| 12a : Ossature avec palées de contreventement à barres centrées en X | 4 (b) | |
| 12b : Ossature avec palées de contreventement à barres centrées en V | 2.5 (b) | |
| 13 | Ossature en portiques avec palées de contreventement à barres centrées | |
| 13a : Ossature en portiques avec palées de contreventement à barres centrées en X | 4.5 (b) | |
| 13b : Ossature en portiques avec palées de contreventement à barres centrées en V | 3.5 (b) | |
| 14 | Système en pendule inversé | 2 (b) |
| C) Structures associant les profilés formés à froid (PAF) | ||
| 15 | Système de contreventement en panneaux en PAF | 2 (b) |
| 16 | Système de contreventement en PAF, en diagonales tendues | 1.5 (c) |
| D) Structures en maçonnerie | ||
| 17 | Structures en maçonnerie porteuse chaînée | 2.5 (b) |
| E) Structures en bois | ||
| 18 | Consoles ; poutres à joints cantilevers | 1.5 (c) |
| 19 | Poutres, Arcs à deux ou trois articulations, Treillis assemblés par connecteurs à dents | 1.5 (c) |
| 20 | Voiles en ossature et diaphragmes collés assemblés entre eux par clous ou boulons, Treillis avec assemblage broché et boulonné, Ossatures avec remplissage non porteur | 2 (b) |
| 21 | Portique hyperstatique avec assemblages boulonnés et brochés, Treillis avec assemblages cloués | 2.5 (b) |
| F) Autres structures | ||
| 22 | Structure à ossature métallique avec contreventement par diaphragme | 2 (b) |
| 23 | Structure à ossature métallique avec contreventement par noyau ou à effet noyau en béton armé | 2.5 (b) |
| 24 | Structure à ossature métallique avec contreventement par voiles en béton armé | 3.5 (b) |
| 25 | Structure à ossature métallique avec contreventement mixte composé d'un noyau en béton armé et de palées métalliques en périphérie | 2.5 (b) |
| 26 | Structure à ossature métallique avec contreventement mixte composé d'un noyau en béton armé et de portiques métalliques en périphérie | 3.5 (b) |
Les exposants (a), (b) et (c) font référence aux trois catégories de pondérations à prendre en compte selon le système structurel, la redondance, la géométrie des éléments constitutifs de la structure, ainsi que la régularité en plan et en élévation, (cf. §3.8).
3.7 Classification des bâtiments selon leur configuration
3.7.1 Régularité
Chaque bâtiment doit être classé selon sa configuration en plan et en élévation en bâtiment régulier ou non, selon les critères ci-dessous :
a) Régularité en plan
et
La somme des dimensions des parties rentrantes ou saillantes du bâtiment dans une direction donnée ne doit pas excéder 25% de la dimension totale du bâtiment dans cette direction (cf. Figure (3.8)).
b) Régularité en élévation
conformément aux prescriptions relatives aux éléments secondaires.
D'une manière générale, il convient de se reporter aux schémas illustratifs fournis en Figure (3.9).
3.7.2 Un bâtiment est classé régulier en plan
si tous les critères de régularité en plan (a1 à a4) sont respectés. Par contre, il est classé irrégulier en plan si l'un de ces critères n'est pas satisfait.
3.7.3 Un bâtiment est classé régulier en élévation
si tous les critères de régularité en élévation (b1 à b4) sont respectés. Par contre, il est classé irrégulier en élévation si l'un de ces critères n'est pas satisfait.
3.7.4 Un bâtiment est classé régulier
s'il est à la fois régulier en plan et en élévation.
3.8 Facteur de qualité
Le facteur de qualité, QF, tient compte de :
La valeur de QF est déterminée par :
Les critères de qualité "q" à vérifier sont :
• Pondérations de la catégorie (a)
La structure doit comporter au minimum deux niveaux.
La structure doit présenter, à chaque niveau et selon chacune des deux directions horizontales, au minimum trois (03) travées.
• Pondérations de la catégorie (b)
La structure est classée régulière en plan selon les critères (cf. § 3.7.1a).
La structure est classée régulière en élévation selon les critères (cf. § 3.7.1b).
Chaque étage devra avoir, en plan, au moins deux (02) files de voiles dans la direction des forces latérales. Cette condition concerne uniquement les deux systèmes de contreventements (4) et (5), (cf. § 3.5).
• Catégories de pondérations (c)
Le facteur de qualité, QF, doit être pris égal à 1.
Commentaire : Il est reconnu que les irrégularités, en plan et en élévation, créent des torsions spatiales ou d'axe vertical ainsi que des concentrations de contraintes en certains points singuliers. De même, le manque de redondance des files porteuses diminue, de manière significative, le niveau de ductilité globale de la structure.
Le facteur de qualité, QF, module la valeur du coefficient de comportement, R, en fonction de la ductilité du système de contreventement que contrôlent en grande partie les régularités en plan et en élévation, d'une part, et les redondances des résistances (hyperstaticité) dans les deux directions horizontales, d'autre part. De ce fait, le coefficient de comportement réel est ().
| Catégorie | Critère, q | Pq | |
|---|---|---|---|
| Observé | N/observé | ||
| (a) | 1. Régularité en plan | 0 | 0.05 |
| 2. Régularité en élévation | 0 | 0.20 | |
| 3. Conditions minimales sur le nombre étage | 0 | 0.20 | |
| 4. Conditions minimales sur les travées | 0 | 0.10 | |
| (b) | 1. Régularité en plan | 0 | 0.05 |
| 2. Régularité en élévation | 0 | 0.20 | |
| 3. Redondance en plan | 0 | 0.05 | |
Les pondérations prévues au Tableau (3.19) devraient logiquement inciter les maîtres d'ouvrage et les maîtres d'œuvre à une meilleure conception et économie des ouvrages.
- 4.1 Choix de la méthode de calcul
- 4.2 Méthode statique équivalente
- 4.3 Méthode d'analyse modale spectrale
- 4.4 Méthode d'analyse dynamique par accélérogrammes
- 4.5 Prescriptions communes aux méthodes d'analyse
Ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville
وزارة السكن والعمران والمدينة
4. RÈGLES DE CALCUL
4.1 Choix de la méthode de calcul
4.1.1 Méthodes utilisables
Le calcul des forces sismiques peut être mené suivant trois méthodes :
- la méthode statique équivalente ;
- la méthode d'analyse modale spectrale ;
- la méthode d'analyse dynamique par accélérogrammes.
Commentaire : La méthode statique non linéaire, cf. Annexe J, repose sur une analyse en poussée progressive sous l'effet de charges gravitaires constantes et de charges horizontales augmentant de manière monotone. Cette méthode permet de vérifier les performances structurelles des bâtiments, d'anticiper les mécanismes plastiques attendus et d'évaluer la répartition des dommages.
4.1.2 Conditions d'application de la méthode statique équivalente
La méthode statique équivalente peut être utilisée dans les conditions suivantes :
a) Le bâtiment, ou bloc étudié, satisfait aux conditions de régularité en plan et, en élévation prescrites au § 3.7, avec une hauteur au plus égale à 65m en zones (I, II et III) et à 32 m en zones (IV, V et VI) ;
b) Le bâtiment, ou bloc étudié, présente une configuration irrégulière tout en respectant, outre les conditions de hauteur énoncées en a), les conditions complémentaires indiquées au Tableau (4.1).
| Zone sismique | Groupe d'importance | |||
|---|---|---|---|---|
| 1A | 1B | 2 | 3 | |
| I et II | (*) | (*) | (*) | (*) |
| III et IV |
≤ 3 niveaux et ≤ 11 m |
≤ 5 niveaux et ≤ 17 m |
≤ 7 niveaux et ≤ 23 m |
(*) |
| V et VI |
≤ 2 niveaux et ≤ 8 m |
≤ 3 niveaux et ≤ 11 m |
≤ 5 niveaux et ≤ 17 m |
≤ 5 niveaux et ≤ 17 m |
Nota: (*) signifie qu'il n'y a aucune limitation de nombre de niveaux ou de hauteur
Table 4.1: Conditions d'application de la méthode statique équivalente
4.1.3 Méthodes dynamiques
a) La méthode d'analyse modale spectrale peut être utilisée dans tous les cas et, en particulier, dans le cas où la méthode statique équivalente n'est pas permise ;
b) La méthode d'analyse dynamique par accélérogrammes peut être utilisée, au cas par cas, par un personnel qualifié, ayant justifié auparavant les choix des séismes de calcul (cf. §3.3.4) et des lois de comportement utilisées ainsi que la méthode d'interprétation des résultats et les critères de sécurité à satisfaire ;
c) Pour les bâtiments de plus de 70 mètres de hauteur ou dont la période fondamentale T0 dépasse 2 secondes, il convient de compléter les analyses, réalisées par la méthode modale spectrale, par des analyses dynamiques temporelles non linéaires, en utilisant des accélérogrammes réels, synthétiques ou simulés (cf. § 3.3.4).
4.2 Méthode statique équivalente
4.2.1 Principe
Les forces réelles dynamiques, qui se développent dans la construction, sont remplacées par un système de forces statiques fictives dont les effets sont considérés équivalents à ceux de l'action sismique.
Le mouvement du sol peut se faire dans une direction quelconque, dans le plan horizontal. Les forces sismiques horizontales équivalentes seront considérées appliquées, successivement, suivant deux directions orthogonales caractéristiques choisies par le projeteur. Dans le cas général, ces deux directions sont les axes principaux du plan horizontal de la structure.
Il faut souligner, toutefois, que les forces et les déformations obtenues pour l'élément, à partir des méthodes d'analyse statiques, pour les charges de conception recommandées, sont inférieures aux forces et aux déformations qui seraient observées sur la structure, sous les effets d'un séisme majeur pour lequel les charges ont été spécifiées. Ce dépassement des forces est équilibré par le comportement ductile qui est fourni par les détails de construction de l'élément.
C'est pourquoi l'utilisation de cette méthode ne peut être dissociée de l'application rigoureuse des dispositions constructives garantissant à la structure :
- Une ductilité suffisante ;
- La capacité de dissiper l'énergie vibratoire transmise à la structure par des secousses sismiques majeures.
4.2.2 Modélisation
a) Le modèle du bâtiment à utiliser, dans chacune des deux directions de calcul, est plan avec les masses concentrées au centre de gravité des planchers et un seul degré de liberté, en translation horizontale par niveau, sous réserve que les systèmes de contreventement dans les deux (2) directions puissent être découplés.
b) Seul le mode fondamental de vibration de la structure est considéré dans le calcul de la force sismique totale.
4.2.3 Calcul de la force sismique totale
La force sismique totale, V, appliquée à la base de la structure, doit être calculée successivement dans deux directions horizontales orthogonales, selon Eqn. (4.1) :
avec :
: Ordonnée du spectre de calcul (cf. § 3.3.3) pour la période T0 ;
T0 : Période fondamentale de vibration du bâtiment, pour le mouvement de translation dans la direction considérée (cf. § 4.2.4).
λ : Coefficient de correction
Commentaire : Le coefficient λ traduit le fait que, dans les bâtiments d'au moins 3 niveaux avec des degrés de liberté de translation dans chaque direction horizontale, la masse modale effective du premier mode (fondamental) est inférieure, en moyenne de 15%, à la masse totale du bâtiment.
W : Poids sismique total du bâtiment. Il est égal à la somme des poids Wi, calculés à chaque niveau « i » :
où :
, pour tout niveau i de la structure
- WGi : Poids dû aux charges permanentes et à celles des équipements fixes éventuels, solidaires de la structure
- WQi : Charges d'exploitation
- ψ : Coefficient d'accompagnement, fonction de la nature et de la durée de la charge d'exploitation et donné au Tableau (4.2).
| Cas | Nature de la charge d'exploitation | ψ |
|---|---|---|
| 1 | Bâtiments d'habitation, bureaux ou assimilés | 0.20 |
| 2 | Bâtiments accueillant du public de manière temporaire (Salles d'exposition, de fêtes, lieux de culte, tribunes, stades, etc) | 0.50 |
| 3 | Entrepôts, bâtiments de stockage, parkings, bibliothèques et archives | 1.00 |
| 4 | Autres bâtiments (cas à justifier par le projeteur en fonction de la durée de la charge d'exploitation) | ... |
Table 4.2: Valeurs du coefficient d'accompagnement ψ
4.2.4 Estimation de la période fondamentale de la structure (T)
La valeur de la période fondamentale (T) de la structure peut être estimée à partir de formules empiriques ou calculée par des méthodes analytiques appropriées. La valeur de (T) à utiliser dans la formule (4.1) est la plus petite des valeurs obtenues par les formules empiriques ou par les méthodes analytiques.
Les formules empiriques à utiliser sont :
avec :
Hn : hauteur mesurée en mètres à partir de la base du bâtiment jusqu'au dernier niveau.
Ct : coefficient, fonction du système de contreventement, du type de remplissage et donné par le Tableau 4.3.
| Cas n° | Système de contreventement | Ct |
|---|---|---|
| 1 | Portiques autostables en béton armé sans remplissage en maçonnerie | 0.075 |
| 2 | Portiques autostables en acier sans remplissage en maçonnerie | 0.085 |
| 3 | Portiques autostables en acier ou en béton armé avec remplissage en maçonnerie | 0.050 |
| 4 | Autres systèmes (voiles, contreventement en K ou X, etc) | 0.050 |
Table 4.3: Valeurs du coefficient Ct
Dans les cas n° 3 et 4, on peut également utiliser la formule :
où L est la dimension du bâtiment mesurée à sa base dans la direction de calcul considérée.
4.2.5 Distribution de la force sismique (V)
La force sismique totale, V, doit être distribuée sur la hauteur de la structure selon les formules (4.6), (4.7) et (4.8) :
La force concentrée Ft au sommet de la structure permet de tenir compte de l'influence des modes supérieurs de vibration. Elle doit être déterminée par la formule :
où T est la période fondamentale de la structure (en secondes).
La valeur de Ft ne doit, en aucun cas, dépasser 0.25 V.
Si T ≤ 0.7 s, la valeur de Ft peut être prise égale à zéro.
La partie restante de l'effort horizontal total V, soit (V - Ft), doit être distribuée sur la hauteur de la structure entre les différents niveaux « i » selon la formule :
où :
Fi : force horizontale agissant au niveau i ;
Wi, Wj : poids des niveaux i et j (cf. § 4.2.3) ;
hi, hj : hauteurs des niveaux i et j à partir de la base du bâtiment.
Commentaire : Les forces sismiques horizontales Fi ainsi obtenues sont réputées agir au centre de gravité de chaque niveau. Elles sont ensuite distribuées aux différents éléments verticaux de contreventement proportionnellement à leurs rigidités, en tenant compte de l'effet de la torsion.
4.2.6 Effets de la torsion
Pour tenir compte des incertitudes dans la distribution des masses et des rigidités ainsi que l'influence de la composante rotationnelle du mouvement du sol, il doit être considéré dans le calcul, en plus de l'excentricité théorique (distance entre le centre de gravité et le centre de rigidité), une excentricité accidentelle ea, agissant dans chaque direction de calcul, prise égale à :
où L est la dimension du bâtiment perpendiculaire à la direction de calcul considérée.
4.3 Méthode d'analyse modale spectrale
4.3.1 Principe
Par cette méthode, il est recherché, pour chaque direction de vibration, le maximum des effets engendrés dans la structure par l'action sismique, représentée par un spectre de réponse de calcul (ordonnée normalisée en accélération) défini au § 3.3.3.
4.3.2 Modélisation
a) Pour les structures dont les planchers peuvent être considérés comme indéformables dans leur plan (diaphragmes), le modèle du bâtiment peut être représenté par des masses concentrées aux centres de gravité des planchers. Chaque plancher possède alors trois (03) degrés de liberté (deux translations horizontales et une rotation d'axe vertical).
b) Pour les structures dont les planchers ne peuvent pas être considérés comme indéformables dans leur plan (structures sans diaphragme), il y a lieu de prendre en compte, dans le modèle, les degrés de liberté en translation de chaque noeud de la structure.
c) La force sismique est réputée agir au centre de gravité de chaque niveau. Dans le cas où le modèle inclut la rotation des planchers, l'excentricité accidentelle ea définie au § 4.2.6 doit être prise en compte dans le calcul.
d) Les masses à retenir doivent inclure les charges permanentes et une fraction des charges d'exploitation, conformément aux dispositions du § 4.2.3.
4.3.3 Nombre de modes à retenir
a) Pour chaque direction d'excitation, le nombre de modes à retenir doit être tel que la somme des masses modales effectives soit au moins égale à 90% de la masse totale de la structure.
b) Si la condition ci-dessus n'est pas satisfaite, tous les modes dont la masse modale effective est supérieure à 5% de la masse totale doivent être retenus.
c) Le nombre minimum de modes à retenir est fixé à trois (03) pour chaque direction d'excitation.
4.3.4 Combinaison des réponses modales
Pour chaque direction d'excitation, les réponses modales maximales (efforts, déplacements, etc.) doivent être combinées de la manière suivante :
a) Si deux modes successifs (i) et (j) ont des périodes Ti et Tj telles que Tj / Ti ≤ 0.9, la réponse combinée R est donnée par la racine carrée de la somme des carrés des réponses modales (méthode SRSS) :
b) Si la condition ci-dessus n'est pas satisfaite, il y a lieu d'utiliser une méthode de combinaison quadratique complète (méthode CQC).
c) Les réponses totales dues aux excitations dans les deux directions horizontales orthogonales doivent être combinées de manière appropriée (généralement SRSS).
4.3.5 Effet de la torsion accidentelle
Dans le cas où le modèle ne prend pas en compte explicitement l'excentricité accidentelle ea définie au § 4.2.6, il y a lieu de majorer les effets de la torsion par des méthodes simplifiées appropriées.
4.3.6 Vérification de l'effort tranchant à la base
L'effort tranchant à la base Vanalytique obtenu par la méthode d'analyse modale spectrale ne doit pas être inférieur à 80% de l'effort tranchant à la base Vstatique calculé par la méthode statique équivalente, soit :
Si Vanalytique < 0.8 Vstatique, il y a lieu d'augmenter tous les paramètres de la réponse (efforts, déplacements, etc.) obtenus par la méthode modale spectrale par le rapport 0.8 Vstatique / Vanalytique.
4.4 Méthode d'analyse dynamique par accélérogrammes
4.4.1 Principe
Cette méthode consiste à intégrer directement les équations du mouvement de la structure soumise à des accélérogrammes représentatifs du mouvement du sol. Elle permet de prendre en compte les non-linéarités géométriques et de comportement des matériaux.
4.4.2 Séismes de calcul
Le mouvement du sol doit être représenté par au moins trois (03) jeux d'accélérogrammes (chaque jeu comprenant deux composantes horizontales orthogonales). Ces accélérogrammes peuvent être des enregistrements réels, des signaux synthétiques ou des signaux simulés, conformément aux dispositions du § 3.3.4.
4.5 Prescriptions communes aux méthodes d'analyse
4.5.1 Justification de la sécurité
La sécurité de la structure vis-à-vis de l'action sismique doit être justifiée en vérifiant que les éléments structuraux et non structuraux satisfont aux critères de résistance et de déformation définis dans les chapitres correspondants.
4.5.2 Combinaison des actions sismiques
Pour tenir compte de la concomitance des composantes horizontales de l'action sismique, les effets maximaux dans la structure doivent être calculés en combinant les effets des actions agissant selon deux directions orthogonales (x et y) de la manière suivante :
et
où Ex et Ey sont les effets des actions sismiques agissant respectivement selon les directions x et y.
4.5.3 Justification du comportement non linéaire
Dans le cas d'une analyse linéaire (statique équivalente ou modale spectrale), le comportement non linéaire de la structure est pris en compte globalement par le coefficient de comportement R (défini au § 3.6). Les déplacements calculés sous l'action sismique de calcul doivent être multipliés par le coefficient R pour obtenir les déplacements réels prévisibles.
4.5.4 Résistance des éléments structuraux
La résistance des éléments structuraux doit être vérifiée sous les combinaisons d'actions appropriées (incluant les actions permanentes, d'exploitation et sismiques) définies dans les règlements de calcul en vigueur (DTR BC 2.41, etc.).
- 5.1 Généralités
- 5.2 Combinaisons d'actions
- 5.3 Justification vis-à-vis de la résistance
- 5.4 Justification vis-à-vis de la ductilité
- 5.5 Justification vis-à-vis de l'équilibre d'ensemble
- 5.6 Justification vis-à-vis de la résistance des planchers
- 5.7 Justification de la stabilité des fondations
- 5.8 Justification de la largeur des joints sismiques
- 5.9 Justification vis-à-vis de l'effet P-Δ
- 5.10 Justification vis-à-vis des déplacements inter-étages
Ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville
وزارة السكن والعمران والمدينة
5. JUSTIFICATION DE LA SECURITE
5.1 Généralités
Les objectifs de sécurité de la structure, soumise aux effets de l'action sismique, sont réputés atteints si les critères ci-après relatifs à la résistance, la ductilité, l'équilibre d'ensemble, la résistance des planchers, la stabilité des fondations, les joints sismiques, déplacements inter-étages et la stabilité de forme (effet P-Δ) sont respectés.
5.2 Combinaisons d'actions
Au sens du principe de calcul aux Etats Limites, l'action sismique est considérée, du fait de sa brève durée d'application, comme une action accidentelle. L'action sismique est caractérisée par trois composantes qui agissent simultanément :
- Deux composantes horizontales, Ex et Ey, agissant suivant deux directions orthogonales dans le plan de la structure ;
- Une composante verticale, Ez, qui agit suivant l'axe vertical de la structure.
5.2.1 Composantes horizontales de l'action sismique
Les composantes de l'action sismique, Ex et Ey, agissant suivant les deux directions horizontales, sont supposées indépendantes mais représentées par le même spectre de réponse. Les actions sismiques de dimensionnement des structures, sont combinées aux actions permanentes et aux actions variables par le biais des Eqns. (5.1) & (5.2) :
où :
- G : charges permanentes
- Q : charges d'exploitation, non pondérées
- ψ : Coefficient d'accompagnement, fonction de la nature et de la durée de la charge d'exploitation et donné par le Tableau (4.2).
et:
Commentaire :
- La réponse de la structure, à chaque composante horizontale, doit être évaluée séparément en utilisant les règles de combinaison des réponses modales indiquées au § 4.3.4.
- Les effets, dus à la combinaison des composantes horizontales de l'action sismique, doivent être calculés en utilisant les deux combinaisons, cf. Eqn. (5.2).
- Dans les combinaisons, Eqns. (5.1) & (5.2), le signe adopté pour chaque composante doit être le plus défavorable pour l'effet particulier considéré.
- Lorsqu'une analyse chronologique non linéaire est utilisée, avec un modèle spatial de la structure, des accélérogrammes, agissant simultanément, doivent être pris pour agir dans les deux directions.
- Pour les bâtiments qui respectent les critères de régularité en plan et pour lesquels des voiles ou des systèmes triangulés indépendants, dans les deux directions principales, sont les seuls éléments de contreventement, il peut être supposé que l'action sismique agit indépendamment et sans avoir à considérer les combinaisons suivant les deux axes principaux horizontaux (orthogonaux) de la structure.
5.2.2 Composante verticale de l'action sismique
Les effets de la composante verticale de l'action sismique, définie au § 3.3.2, doivent être pris en compte, si la valeur du produit (Av.I.g) est supérieure à (0.25g), dans les cas suivants :
- Eléments de structure horizontaux ou presque horizontaux de 15 m de portée ou plus ;
- Eléments horizontaux ou presque horizontaux en console de plus de 2.00 m de long ;
- Eléments précontraints horizontaux ou presque horizontaux ;
- Poutres supportant des poteaux ;
- Structures sur appuis parasismiques.
| Zonage sismique | Coefficient d'accélération | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| A.I (horizontal) | Av.I (vertical) Catégorie d'Importance |
||||
| 1A | 1B | 2 | 3 | ||
| I | 0.07 I | 0.054 | 0.046 | 0.039 | 0.031 |
| II | 0.10 I | 0.077 | 0.066 | 0.055 | 0.044 |
| III | 0.15 I | 0.116 | 0.099 | 0.083 | 0.066 |
| IV | 0.20 I | 0.252 | 0.216 | 0.180 | 0.144 |
| V | 0.25 I | 0.315 | 0.270 | 0.225 | 0.180 |
| VI | 0.30 I | 0.378 | 0.324 | 0.270 | 0.216 |
L'action sismique verticale, Av, est obligatoire lorsque (Av.I.g) dépasse 0.25 g
Table 5.1: Coefficients d'accélération verticale en fonction de la zone sismique et du groupe d'importance (en l'absence d'effet topographique i.e. lorsque ST = 1)
Dans le cas de la composante verticale, les combinaisons d'actions suivantes doivent être utilisées :
où: E3, E4 et E5 représentent la combinaison des composantes horizontales (Ex, Ey) et la composante verticale (Ez), définies par :
Commentaire :
- L'analyse permettant de déterminer les effets, de la composante verticale de l'action sismique, peut être réalisée sur la base d'un modèle partiel de la structure qui inclut les éléments, dans lesquels la composante verticale est supposée agir, et prend en compte la rigidité des éléments adjacents.
- Il est nécessaire de prendre en compte les effets, de la composante verticale, seulement pour les éléments considérés et pour les éléments supports ou les infrastructures qui leur sont directement associés.
5.3 Justification vis-à-vis de la résistance
La condition de résistance suivante doit être satisfaite pour tous les éléments structuraux, leurs assemblages, ainsi que les éléments non structuraux critiques :
où :
Sd : sollicitation agissante de calcul résultant des combinaisons, cf. Eqns. (5.1) à (5.4), incluant éventuellement les effets du 2° ordre.
Rd : sollicitation résistante de calcul de l'élément, calculée en fonction des propriétés du matériau constitutif.
5.4 Justification vis-à-vis de la ductilité
Les exigences de ductilité minimale sont réputées satisfaites si toutes les dispositions constructives relatives au matériau et aux éléments structuraux telles que définies dans les chapitres correspondants du présent document technique réglementaire sont appliquées.
5.5 Justification vis-à-vis de l'équilibre d'ensemble
Cette condition d'équilibre se réfère à la stabilité d'ensemble du bâtiment ou de l'ouvrage, soumis à des effets de renversement et/ou de glissement dus aux sollicitations résultant des combinaisons d'actions.
Chaque bâtiment doit être vérifié vis-vis de la stabilité au renversement par rapport au niveau de ses fondations.
Le moment de renversement, au niveau des fondations, est égal à la somme des forces latérales, à chaque niveau, multipliées par la hauteur de chacune d'entre elles, depuis le niveau de fondation.
Le coefficient de sécurité vis-à-vis du renversement doit être au minimum de 1.3.
Le moment stabilisant doit être déterminé à partir des charges verticales qui sont considérées pour la détermination de la force sismique latérale.
Les poids de la fondation et du sol, au-dessus, sont ajoutés à ces charges verticales.
Le moment stabilisant doit être calculé au niveau bas de la fondation, par rapport au bord extrême.
Pour la stabilité au glissement, dans le cas où sa vérification est nécessaire, le coefficient de sécurité à prendre est de 1.25 au minimum.
5.6 Justification vis-à-vis de la résistance des planchers
Les diaphragmes, dans les plans horizontaux, doivent pouvoir transmettre, les effets de l'action sismique aux divers contreventements auxquels ils sont liés. Cette prescription est considérée comme satisfaite si, pour effectuer les vérifications de résistance appropriées, la force sismique dans le diaphragme est calculée selon le § 6.1.2.
5.7 Justification de la stabilité des fondations
Pour les justifications de la stabilité des fondations, il y a lieu de se référer aux prescriptions et /ou exigences du Chapitre 10 et aux combinaisons d'actions, cf. Eqns. (5.6) & (5.7) :
- Pour les fondations d'éléments verticaux individuels (voiles ou poteaux), la combinaison de charges suivante est utilisée :
- Pour les fondations communes à plusieurs éléments verticaux (longrines de fondation, semelles filantes, radiers, etc), la combinaison d'actions suivante est utilisée :
5.8 Justification de la largeur des joints sismiques
Deux blocs voisins doivent être séparés par des joints sismiques dont la largeur minimale dmin satisfait la condition suivante :
δ1 et δ2 : déplacements maximaux des deux blocs, calculés selon § 4.5.2, au niveau du sommet du bloc le moins élevé incluant les composantes dues à la torsion et éventuellement celles dues à la rotation des fondations.
Figure 5.1: Largeur minimum du joint sismique
5.9 Justification vis-à-vis de l'effet P-Δ
Les effets du 2° ordre (ou effet P-Δ) peuvent être négligés dans le cas des bâtiments si la condition suivante est satisfaite à tous les niveaux :
avec :
- Pk : poids total de la structure et des charges d'exploitation, au dessus du niveau « k », (cf. § 4.2.3) :
- Vk : effort tranchant d'étage au niveau « k » : Vk = ∑i=kn Fi
- Δk : déplacement relatif du niveau « k » par rapport au niveau « k-1 », (cf. § 4.5.2 et Eqn. (4.16).)
- hk : hauteur du niveau « k ».
Selon la valeur de θk, il convient de considérer que :
- Si (0.10 ≤ θk ≤ 0.20), les effets P-Δ peuvent être pris en compte, en manière approchée, en amplifiant les effets de l'action sismique calculés au moyen d'une analyse élastique du 1° ordre par le facteur (1 / (1 - θk)).
- Si (θk ≥ 0.20), la structure est potentiellement instable et doit être redimensionnée.
Figure 5.2: Effet P-Δ
5.10 Justification vis-à-vis des déplacements inter-étages
5.10.1 Justification de non-effondrement
Les déplacements relatifs latéraux, d'un étage par rapport à l'étage du dessous, tels que calculés selon § 4.5.2, ne doivent pas dépasser les limites, k, données dans le Tableau (5.2) et Eqn. (5.11), i.e. :
| Type de Structure | Déplacement limite: k |
|---|---|
| Bâtiments en Acier | 0.0200 hk |
| Bâtiments en Béton Armé | 0.0150 hk |
| Bâtiment en PAF | 0.0100 hk |
| Bâtiments en Bois | 0.0150 hk |
| Bâtiments en Maçonnerie Chainée | 0.0100 hk |
Légende: hk est la hauteur du niveau « k »
Table 5.2: Valeurs limites des déplacements inter-étages
5.10.2 Justification de limitation des dommages
Les déplacements relatifs latéraux, d'un étage par rapport à l'étage du dessous, tels que calculés selon § 4.5.2, ne doivent pas dépasser les limites suivantes :
-
pour les bâtiments ayant des éléments non structuraux composés de matériaux fragiles fixés à la structure :
(5.12) -
pour les bâtiments ayant des éléments non structuraux ductiles :
(5.13)
Le coefficient réducteur νA est défini en § 1.2. Il est pris égal à 0.5.
- 7.1 Généralités
- 7.2 Spécifications concernant les matériaux
- 7.3 Conception et vérifications
- 7.4 Spécifications pour les poteaux
- 7.5 Spécifications pour les poutres
- 7.6 Spécifications pour les noeuds poteaux-poutres
- 7.7 Voiles de contreventement
- 7.8 Jonction d'armatures
- 7.9 Dispositions propres aux dalles et aux diaphragmes
Ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville
وزارة السكن والعمران والمدينة
7. STRUCTURES EN BETON ARME
7.1 Généralités
Dans ce chapitre sont développées les prescriptions et indications nécessaires au dimensionnement des structures ou éléments de structures, en béton armé coulé en place de classe de résistance maximale C90/105, ainsi que les dispositions constructives les concernant. Les classes de résistance sont basées sur la résistance caractéristique mesurée sur cylindre/cube, fck, déterminée à 28 jours.
Pour les structures en béton armé préfabriquées, il y a lieu de se référer au § 2.5.3.
Par ailleurs, les systèmes constructifs utilisant les planchers dits "planchers-dalles" ou "planchers champignons" sont prohibés en zone sismique.
Commentaire (1) : Rappelons que ces derniers systèmes concernent les bâtiments à un ou plusieurs étages dont les planchers sont constitués par des dalles continues, sans nervures, supportées directement par des poteaux, sauf éventuellement sur les rives, le long desquelles peuvent exister des voiles porteurs ou des poutres en saillie au-dessous des dalles. Les dalles peuvent, éventuellement, être prolongées en porte-à-faux au-delà des poteaux de rive.
Les poteaux sont ou non pourvus, à chaque étage, de têtes épanouies, en forme générale de troncs de cône ou de pyramides renversées, appelés « chapiteaux ». Lorsque les chapiteaux existent, les planchers sont dits « planchers champignons » ; dans le cas contraire, il s'agit de « planchers dalles ».
Commentaire (2) : Pour la conception et le calcul des constructions en béton armé (ou en béton peu armé), les règles y afférentes (DTR BC 2.41 et DTR BC 2.42) s'appliquent; les présentes prescriptions sont additionnelles à celles contenues dans les documents précités, lorsque ces constructions se trouvent en zones sismiques I à VI.
Dans ce qui suit, sont désignés, sous le nom d'éléments principaux, les éléments qui interviennent dans la résistance aux actions sismiques d'ensemble ou dans la distribution de ces actions, au sein de l'ouvrage.
Les éléments structuraux, n'apportant pas de contribution significative à la résistance aux actions sismiques d'ensemble ou à leur distribution, peuvent être considérés comme éléments secondaires, à condition que leur résistance à ces actions soit effectivement négligée et qu'ils ne soient soumis, du fait des déformations imposées, qu'à des sollicitations négligeables vis-à-vis des sollicitations d'autre origine.
On désigne par zone critique, toute partie d'un élément structurel principal dans laquelle des concentrations de déformations ou de sollicitations sont susceptibles de se produire. Ces zones sont celles définies dans le présent article pour les différentes sortes d'éléments et, éventuellement, celles que le calcul fait apparaître comme telles.
On désigne, par béton confiné, un volume de béton pourvu d'armatures transversales disposées de façon à s'opposer au gonflement du matériau, sous l'effet des contraintes de compression, ainsi qu'au flambement des armatures.
Par convention, on considère que la partie confinée d'une section transversale est celle qui est délimitée par le contour intérieur des armatures de confinement, disposées à la périphérie de la section.
On entend par effort normal réduit, le rapport Eqn. (7.1) :
Dans le cas d'lments composs tels que poutres-chelles, pales triangules, association de voiles, etc, le terme de pice s'entend de chacun des lments constitutifs.
7.2 SPCIFICATIONS CONCERNANT LES MATRIAUX
Pour les lments principaux, le bton d'une classe infrieure C20/25 ne doit pas tre utilis, au niveau de la conception et de la ralisation, pour des btiments implanter en toute zone sismique autre que la zone 0.
Les valeurs des modules d'lasticit doivent tre conformes celle fixes par le C.B.A.
Les armatures longitudinales et transversales, des lments principaux en bton arm, doivent tre haute adhrence, avec une limite caractristique d'lasticit spcifie suprieure ou gale 400 MPa et infrieure ou gale 600 MPa. La valeur caractristique de la dformation relative sous charge maximale doit tre suprieure ou gale 5%.
7.3 CONCEPTION ET VRIFICATIONS
Les valeurs des coefficients de comportement, R, prendre en compte sont celles qui figurent au Tableau (3.17).
Les combinaisons de calcul, en situation sismique (assimilable une situations accidentelle), sont donnes au chapitre V.
Les diagrammes contraintes-dformations considrer sont ceux des rgles algriennes C.B.A.
On vrifie que les sollicitations agissantes sont infrieures ou gales aux sollicitations rsistantes en prenant en compte les coefficients partiels de scurit suivants :
Les vrifications faire sont celles du C.B.A, moyennant les adaptations des articles prcdents et en tenant compte des vrifications complmentaires ou de remplacement prescrites par les articles suivants.
7.4 SPCIFICATIONS POUR LES POTEAUX
Les poteaux doivent tre couls sur toute leur hauteur (lcl) en une seule fois (cf. Figure (7.1)). Les ds de calage sont interdits.
Les dimensions de la section transversale des poteaux doivent satisfaire les conditions suivantes (cf. Figure (7.1)):
Pour les poteaux circulaires, le diamètre, D, devra satisfaire les conditions ci-dessous :
Les zones s'étendant sur une distance, lcr, à partir des deux sections d'extrémité d'un poteau, doivent être considérées comme des zones critiques :
Si lcl/hc < 3: la hauteur totale du poteau doit être considérée comme zone critique et doit être munie d'armatures en conséquence.
Dans les deux premiers étages des bâtiments, les armatures de confinement doivent se prolonger au-delà des zones critiques d'une longueur égale à la moitié de la longueur de ces zones. Cette spécification concerne les systèmes de contreventement (1) et (2) (cf. § 3.5) situés en zones sismiques IV, V et VI.
A cause de la vulnérabilité particulière des murs de remplissage des rez-de-chaussée, une irrégularité induite par le séisme doit être envisagée à ces niveaux. Il convient, alors, de prendre des dispositions particulières. En l'absence de méthode plus précise, il y a lieu de considérer la hauteur totale des poteaux du rez-de-chaussée comme la longueur critique et de la confiner en conséquence. Cette condition est applicable dans le cas du système de contreventement (3) (cf. § 3.5) situé dans les zones de sismicité IV, V et VI.
Les armatures longitudinales doivent être à haute adhérence, droites et sans crochets :
Au moins une armature intermédiaire doit être prévue entre les armatures d'angle le long de chaque face du poteau, pour assurer l'intégrité des nœuds poteau-poutre (cf. Figure (7.2a)).
Dans les zones critiques des poteaux, des armatures, à haute adhérence, de confinement et des étriers d'au moins 6 mm de diamètre doivent être prévues avec un espacement suffisant pour assurer un minimum de ductilité et empêcher le flambement local des barres longitudinales.
Les jonctions par recouvrement doivent être faites, si possible, à l'extérieur des zones nodales (zones critiques).
La zone nodale est constituée par le nœud poteau-poutre, proprement dit, et les extrémités des éléments (poutres et poteaux) qui y concourent (cf. Figure (7.2b)). Les longueurs à prendre en compte, pour chaque barre, sont données par Eqn. (7.2).
La longueur d'ancrage des armatures des poutres et des poteaux ancrées dans les noeuds poteaux-poutres doit être mesurée à partir d'un point de l'armature situé à une distance de (5φl) de la face du noeud, vers l'intérieur du noeud, pour prendre en compte l'extension de la zone plastifiée due aux déformations cycliques post-élastiques.
Les armatures transversales des poteaux sont calculées à l'aide de la formule :
hc, bc: dimensions de la section droite du poteau, dans la direction de dformation considre;
lf: longueur de flambement du poteau.
Les cadres et les triers doivent tre ferms par des crochets 135, ayant une longueur droite de (10 φt) minimum.
Les cadres et les triers doivent mnager des chemines verticales en nombre et diamtre suffisants (φ chemines > 12cm) pour permettre une vibration correcte du bton sur toute la hauteur des poteaux.
Par ailleurs, en cas d'utilisation de poteaux circulaires, il y a lieu d'utiliser des cerces droites individuelles (les cerces hlicodales continues sont interdites).
Outre les vrifications prescrites par le C.B.A et dans le but d'viter ou limiter le risque de rupture fragile sous sollicitations d'ensemble dues au sisme, l'effort normal de compression de calcul des poteaux est limit par la condition suivante :
Les symboles ont les mmes significations qu'en 7.1.3.
Commentaire : La limitation, cf. Eqn. (7.5), a pour objectif, dfaut d'empcher la rupture d'une section critique d'un poteau (gnralement soumis une flexion compose), de la retarder ou, au cas o elle se produit, de faire en sorte qu'elle se manifeste, le plus souvent sous forme de rupture ductile, c'est--dire par rupture des aciers tendus (suite leur allongement dans le palier plastique), pralablement l'atteinte de la rsistance ultime du bton comprim. La disposition d'armatures transversales rapproches, dans la zone critique concerne qu'elles confinent, contribue galement l'atteinte de cet objectif.
La contrainte de cisaillement conventionnelle de calcul dans le bton, τbu, sous combinaison sismique doit tre infrieure ou gale la valeur limite, τbu:
Dans le cas de remplissage en maonnerie, ne rgnant pas sur toute la hauteur d'un poteau (prsence d'ouvertures en vasistas par exemple), la hauteur de calcul de l'lancement gomtrique sera celle de l'ouverture.
Il y a lieu de noter que cette partie de poteau de hauteur h, considre comme poteau court si λg < 5, doit tre confine par des armatures transversales calcules avec Eqn. (7.3) ou dduites des minima donns au 7.4.2.
Dans Eqn. (7.3), il y a lieu de bien veiller ce que l'effort, Vu, sollicitant le poteau court, ait bien t calcul en considrant la grande raideur de ce dernier par rapport aux autres poteaux d'tage de hauteur "normale".
Les poteaux courts, d'une manire gnrale, amnent de graves dsordres l'occasion de sismes, mme modrs. Si leur usage ne peut-tre vit, il est recommand que des contreventements par voiles ou pales prennent l'essentiel de l'effort horizontal.
7.5 Spécifications pour les poutres
Les poutres doivent respecter les dimensions ci-après (cf. Figure (7.4)):
Les zones d'une poutre qui s'étendent sur une distance (l' = 1.5h) depuis la section transversale d'extrémité où la poutre est connectée à un nœud poteau-poutre, ainsi que de part et d'autre de toute autre section transversale susceptible de plastification dans la situation sismique de calcul, doivent être considérées comme des zones critiques, h étant la hauteur de la poutre (cf. Figure (7.2b)).
Le pourcentage total minimum des aciers longitudinaux, sur toute la longueur de la poutre, est de 0,5% en toute section.
Le pourcentage total maximum des aciers longitudinaux est de :
avec:
Les poutres, supportant de faibles charges verticales, et sollicitées principalement, par les forces latérales sismiques, doivent avoir des armatures symétriques avec une section, en travée, au moins égale à la moitié de la section sur appui.
La longueur minimale de recouvrement des barres longitudinales, de diamètre φl, est de :
L'ancrage des armatures longitudinales, supérieures et inférieures dans les poteaux de rive et d'angle, doit être effectué conformément à la Figure (7.5) avec des crochets à 90°. Cette même figure illustre les autres dispositions constructives et quantités minimales d'armatures.
Le diamètre φt des armatures, à haute adhérence, de confinement ne doit pas être inférieur à 6 mm.
La quantité d'armatures transversales minimales est donnée par :
L'espacement maximum, entre les armatures transversales, est déterminé comme suit :
avec :
s' = min(h/4 ; 12φl) si les armatures comprimées sont nécessaires
φl: plus petit diamètre utilisé parmi les armatures longitudinales. Dans le cas d'une section en travée, avec armatures comprimées, c'est le plus petit diamètre utilisé parmi les aciers comprimés.
Les premières armatures transversales doivent être disposées à 5 cm, au plus, du nu de l'appui ou de l'encastrement.
Figure 7.5: Spcifications pour les noeuds poteaux-poutres
Les dispositions constructives, donnes au 7.4 pour les poteaux et au 7.5 pour les poutres, et telles que reprises, en particulier sur la Figure (7.5), doivent tre respectes pour leurs parties communes que sont les nœuds afin d'assurer un minimum requis de confinement pour prserver au maximum l'intgrit de ces derniers et permettre, au reste de la structure, de dployer ses capacits de dissipation d'nergie.
On doit avoir un espacement maximum de 10 cm, entre deux cadres, et au minimum trois cadres par nœud.
Dans les bâtiments à plusieurs étages, la formation d'un mécanisme plastique sur un seul niveau doit être évitée, dans la mesure où un tel mécanisme pourrait induire des demandes de ductilité locale excessives, dans les poteaux du niveau concerné.
Pour respecter cette exigence dans les bâtiments à ossatures, y compris les systèmes équivalents à des ossatures (systèmes de contreventement (1), (2) et (3)) avec au moins deux niveaux, la somme des moments résistants ultimes, des extrémités de poteaux ou montants aboutissant au nœud, est au moins égale, en valeur absolue, à la somme des valeurs absolues, des moments résistants ultimes des extrémités des poutres ou traverses, majorée d'un coefficient de 1.30 (cf. Eqn. (7.8)). Cette condition est satisfaite à tous les nœuds de poutres primaires ou secondaires avec des poteaux (cf. Figure (7.6)).
Il y a lieu de noter que cette exigence ne s'applique pas au dernier niveau de bâtiments à plusieurs étages.
avec:
Figure 7.6: Dimensionnement d'un nœud poutre-poteau
7.7 VOILES DE CONTREVENTEMENT
Sont considrs et pris en compte comme voiles de contreventement, au sens du prsent document technique rglementaire, les lments de contreventement satisfaisant la condition exprime par Eqn. (7.9), cf. Figure (7.7) :
o: lw reprsente la longueur du voile. Dans le cas contraire, ces lments sont considrs comme des lments linaires (poteaux).
L'paisseur minimale (bw) doit respecter la condition suivante :
Par ailleurs, en plus des rsultats donns par les calculs de dimensionnement, ou de vrification requis, et pour des considrations de stabilit de forme (non flambement), l'paisseur doit tre dtermine en fonction de he, la hauteur libre du niveau, et des conditions de rigidit aux extrmits, cf. Figure (7.8).
Il convient de considrer des sections de voiles, composes de parties rectangulaires lies entre elles (sections composes en L, T, U, I ou similaires), comme des sections uniques composes d'une ou de plusieurs mes parallles la direction de l'effort tranchant sismique agissant et d'un ou de plusieurs raidisseurs perpendiculaires.
Pour le calcul de la rsistance la flexion, il convient de prendre en compte la largeur participante de membrures raidisseuses, de part et d'autre de chaque me, s'tendant, partir de la face de l'me, sur une largeur gale Lmin (cf. Figure (7.9)) :
avec:
Commentaire : Les dispositions des coffrages, énoncées au § 7.7.1, permettent d'éviter les vérifications de stabilité au voilement (flambement latéral) des voiles de contreventement.
Il convient d'éviter les ouvertures non organisées, disposées de manière irrégulière dans les voiles, à moins que leur influence ne soit négligeable ou prise en compte dans l'analyse, le dimensionnement et les dispositions constructives.
7.7.2 Vérifications spécifiques
Outre les vérifications prescrites par le C.B.A et dans le but d'éviter ou limiter le risque de rupture fragile (en flexion composée), sous sollicitations d'ensemble dues au séisme, l'effort normal de compression de calcul des voiles est limité par la condition suivante :
Ces limites sont à respecter dans les vérifications sous combinaisons sismiques réglementaires. Les symboles ont les mêmes significations qu'au § 7.1.3.
Commentaire : La limitation, exprimée par Eqn. (7.11), a pour objectif, à défaut d'empêcher la rupture d'une section critique d'un voile (généralement soumis à une flexion composée), de la retarder ou, au cas où elle se produit, de faire en sorte qu'elle se manifeste, le plus souvent sous forme de rupture ductile, c'est-à-dire par rupture des aciers tendus (suite à leur allongement dans le palier plastique), préalablement à l'atteinte de la résistance ultime du béton comprimé. La disposition d'armatures transversales rapprochées, dans la zone critique concernée qu'elles confinent, contribue également à l'atteinte de cet objectif.
En addition aux spécifications du § 7.3, la contrainte de cisaillement dans le béton est limitée selon Eqns.(7.12) & (7.13) :
où:
avec:
7.7.3 Ferraillages des linteaux
Premier cas :
Les linteaux sont calculés en flexion simple, avec les efforts M et V.
a) Aciers longitudinaux :
Les aciers longitudinaux inférieurs et supérieurs sont calculés par Eqn. (7.14):
avec : z = h − 2d'
où:
b) Aciers transversaux :
avec : z = h − 2d'
o:
avec:
o:
et:
avec : z = h − 2d', (cf. Figure (7.10))
Deuxime cas :
Dans ce cas, il y a lieu de disposer les ferraillages longitudinaux (suprieurs et infrieurs), transversaux et en zone courante (armatures de peau) suivant les minimum rglementaires.
Les efforts (M, V) sont repris par des bielles diagonales (de compression et de traction) suivant l'axe moyen des armatures diagonales, de section AD, disposer obligatoirement (cf. Figure (7.11)). Le calcul de ces armatures se fait suivant la formule :
: (cf. Figure (7.12))
(sans majoration).
: si
: si
: si
: si
Ferraillage minimal (cf. Figure (7.12))
a) Aciers longitudinaux :
b) Armatures transversales :
- pour :
- pour :
c) Armatures en section courante (armatures de peau): Les armatures longitudinales intermdiaires ou de peau Ac (2 nappes) doivent tre au total d'un minimum gal 0.20%.
7.7.4 Ferraillages des voiles et des trumeaux
Dispositions gnrales
Les trumeaux et les voiles seront calculs en flexion compose avec effort tranchant. L'effort normal de compression de calcul est limit par la prescription de l'Eqn. (7.11).
Moyennant la satisfaction des conditions de dimensionnement fixes au 7.7.1, le calcul des voiles et des trumeaux se fera exclusivement dans la direction de leur plan moyen en appliquant les rgles de bton arm en vigueur; en outre :
Commentaire (1): Les voiles courts et les voiles de grandes dimensions, il n'est pas ncessaire de modifier les moments flchissants, rsultant du calcul de structure.
Commentaire (2): L'enveloppe de calcul, du diagramme de moment flchissant, est construite en deux tapes :
- la premire tape consiste avoir lenveloppe linaire qui joint le moment maximal la base celui au sommet.
- La deuxime tape consiste dcaler cette enveloppe linaire verticalement par la hauteur critique.
Le diagramme du moment flchissant, pour les systmes contreventement mixte, peut ventuellement tre ngatif dans les tages suprieurs (cf. Figure (7.13b)).
La hauteur, hcr, de la zone critique au-dessus de la base du voile est estime comme suit (cf. Figure (7.13)) :
et :
Pour les systmes contreventement mixte, contenant des voiles lancs, l'enveloppe de calcul modifie, pour les efforts tranchants, est donne par la Figure (7.15).
Commentaire : L’enveloppe de calcul du diagramme des efforts tranchants est construite en trois tapes :
L’enveloppe de calcul modifie pour les efforts tranchants est valable uniquement pour les systmes contreventement mixte. Cette modification est faite pour tenir compte des incertitudes dues aux modes suprieurs.
Ferraillage des éléments de rive
Le béton situé aux extrémités des voiles (élément de rive) est confiné sur une longueur, lc, mesurée à partir du bord du voile jusqu’au point correspondant à une déformation critique du béton prise égale à (cf. Figure (7.16)).
La longueur, lc, de l’élément de rive doit respecter la condition :
L’épaisseur, bc, des parties confinées de la section du voile (élément de rive) ne doit pas être inférieure à 200 mm. De plus, si la longueur de la partie confinée ne dépasse pas la valeur maximale max(2bw ; 0.2lw), il convient que bc ne soit pas inférieure à he/15, he étant la hauteur d’étage. Si la longueur de la partie confinée excède la valeur maximale max(2bw ; 0.2lw), il convient alors que bc ne soit pas inférieure à he/10 (cf Figure (7.17)).
L’élément de rive peut comprendre des membrures orthogonales aux voiles. Dans ce cas, si le voile est relié à une membrure raidisseuse d’une épaisseur (bf ≥ he/15) et d’une longueur ...
(lf ≥ he/5) et si llment de rive confin doit tre prolong au-del de la membrure dans lme sur une longueur supplmentaire allant jusqu (3bw), alors lpaisseur de llment de rive confin, bc, reste gale bw.
Le pourcentage des armatures longitudinales, dans les lments de rive, doit rester au moins gal 0.5% de la surface de la zone confine.
Les armatures verticales, des lments de rive, devraient tre confines avec des cadres et/ou des triers horizontaux dont lespacement vertical doit satisfaire la condition suivante :
o : reprsente le diamtre minimal des armatures longitudinales, dans les lments de rive ; en outre .
La distance horizontale entre deux barres verticales ligatures ne doit pas dpasser 20cm.
La section des armatures de confinement dans les lments de rive, (At), mesure dans le sens parallle lpaisseur du voile, doit tre prsente sur la hauteur (hcr) et doit satisfaire les conditions :
o :
Au-dessus de la zone critique, et en respectant la disposition de contreventement en voiles dans deux directions orthogonales, le calcul des voiles et des trumeaux se fera exclusivement dans la direction de leur plan moyen, en appliquant les rgles de bton arm en vigueur.
Il convient, en outre, de prvoir des lments de rive sur un niveau supplmentaire, avec au moins la moiti des armatures de confinement requises dans la zone critique.
Les armatures d'me doivent se composer de deux treillis de barres ayant les mmes caractristiques d'adhrence, relis par des triers espacs d'environ 500 mm.
Le diamtre maximal, φmax, des armatures d'me doivent respecter la condition :
L'espacement des armatures d'me ne doit pas tre suprieur 250 mm ou 25 fois le diamtre des barres, en prenant la plus petite valeur.
Les barres verticales du dernier niveau doivent tre munies de crochets la partie suprieure. Toutes les autres barres n'ont pas de crochets (jonction par recouvrement).
Les barres horizontales doivent tre munies de crochets. Dans le cas o il existe des extrmits confines, les barres horizontales peuvent tre ancres sans crochets si les dimensions des talons permettent la ralisation d'un ancrage droit.
Le ferraillage horizontal, ncessaire pour la rsistance l'effort tranchant, doit satisfaire Eqn. (7.29):
Dans les voiles de section rectangulaire, le rapport mcanique en volume des armatures de confinement requises, ωwd, dans les lments de rive, doit respecter la condition ci-dessous :
o :
Il convient de prvoir une valeur minimale de ωwd gale 0.12 dans la zone critique la base du voile.
Le coefficient de ductilit en courbure (μφ) peut tre dtermin selon Eqn. (7.36), en fonction de la priode fondamentale (T0), de la valeur (T2) du spectre de calcul, du coefficient de comportement (R/QF) et du rapport (MED/MRD).
MED est le moment flchissant issu de l'analyse (enveloppe de calcul dcale de hcr) la base du mur (cf Figure (7.13)); MRD est la rsistance la flexion de calcul.
La position de l'axe neutre, xu, correspondant la courbure ultime aprs clatement du bton situ hors du noyau confin des lments de rive peut tre estime comme suit :
Les paramtres de l'Eqn. (7.37) sont dfinis dans les sections prcdentes (cf. Eqns. (7.11) & (7.34), Figures (7.16)).
Pour calculer la longueur comprime des parties de rive, lc,calcul, il est ncessaire de calculer le raccourcissement limite la rupture, εcu,c, du bton comprim:
Cette longueur lc,calcul doit tre suprieure max(0.15lw ; 1.5bw).
La zone suprieure des voiles lancs peut tre considre comme une zone lastique devant rsister aux sollicitations ; son dimensionnement peut tre conduit selon les rgles classiques de bton arm. Pour viter toute plastification de cette zone, les sollicitations de calcul sont constitues par l'enveloppe des moments et/ou de l'effort tranchant amplifi. Les dispositions ci-dessous doivent tre respectes :
Il s'agit du calcul classique de bton arm dfini par la rglementation technique en vigueur. Pour ce type d'lments, la rupture prdominante est due l'effort tranchant; en effet, leurs ruptures, par l'effort tranchant, ne sont pas ductiles.
Les longueurs de recouvrement doivent tre gales :
Le long des joints de reprise de coulage, l'effort tranchant doit tre pris par les aciers de couture dont la section doit tre calcule avec la formule :
Seul est rajout l'cart entre la section obtenue par Eqn. (7.40) et celle des barres existantes. Elle doit tre constitue d'armatures de diamtre minimum de 10mm avec une longueur minimum d'ancrage de (50φl).
7.8 JONCTION D'ARMATURES
Il ne doit pas y avoir de jonction par recouvrement par soudure l'intrieur des zones critiques des lments de structure :
Il peut y avoir des jonctions par coupleurs mcaniques dans les poteaux et les voiles, si le fonctionnement de ces dispositifs est valid par des essais appropris en conformit aux normes d'essais portant sur les dispositifs de raboutage mcanique des barres.
Les recouvrements des barres doivent respecter les dispositions de la Figure (7.19), et ne doivent pas tre disposes dans des zones fortement sollicites (rotules plastiques, par exemple).
7.9 DISPOSITIONS PROPRES AUX DALLES ET AUX DIAPHRAGMES
Il doit exister un chanage priphrique continu (cf. Figure (7.20)), dau moins 3cm2 de section dacier et un chanage, au croisement de chaque lment de contreventement avec le plancher, de section minimale, gale 1.5cm2, et respectant la rgle de:
L (unit: m) : largeur chane.
Commentaire (1) : Les zones, de très faible sismicité, sont celles où l'accélération de calcul au niveau d'un sol de classe S1, (A.g), ne dépasse pas 0.04 g (0.39 m / s2) où g est l'accélération de la pesanteur.
Commentaire (2) : Les zones, de sismicité faible, sont celles où l'accélération de calcul, au niveau d'un sol de classe S1, (A.g), ne dépasse pas 0.07 g (0.69 m / s2).
La Figure (3.1) représente la carte des zones sismiques de l'Algérie et le zonage global des différentes wilayas. L'annexe A donne la classification sismique par wilaya et par commune lorsque la wilaya est partagée entre plusieurs zones sismiques différentes.
Commentaire (3) : Dans le cas de zone de sismicité très faible (Zone 0 de la carte de zonage sismique, cf. Figure (3.1) & Annexe A), les séismes qui pourraient s'y produire sont estimés avoir de faibles magnitudes ; les calculs de stabilité des constructions aux effets du vent sont jugés suffisants pour y couvrir les effets éventuels des sollicitations d'origine sismique.